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13/12/2013 02:30 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Le Québécois Georges St-Pierre renonce à son titre mondial de l'UFC

QUÉBEC - Désireux de vivre enfin «une vie normale», le Québécois Georges St-Pierre a annoncé vendredi qu'il renonçait à son titre de champion du monde des mi-moyens de l'Ultimate Fighting Championship afin de prendre une pause «pour une durée indéterminée».

St-Pierre a fait part de sa décision au cours d'une téléconférence en compagnie du président de l'UFC, Dana White.

L'athlète de 32 ans a rappelé qu'il avait livré 22 combats en UFC, dont 15 pour des championnats du monde, et qu'il avait maintenant besoin de temps pour mettre de l'ordre dans sa vie.

Par respect pour ses adversaires et l'UFC, St-Pierre a décidé d'abandonner son titre, ajoutant que s'il revient à la compétition, il lui fera plaisir de porter les gants bleus de l'aspirant pour tenter de le reconquérir.

«Durant toutes ces années, j'ai fait face à beaucoup de critiques et il y a eu beaucoup d'attentes fondées en moi, a signalé St-Pierre. Maintenant, il faut que je prenne une pause pour garder ma santé mentale. Je n'ai pas eu une vie normale.»

En milieu d'après-midi, peu après avoir annoncé ses intentions, St-Pierre a été acclamé par plusieurs centaines de fans venus l'accueillir dans un centre commercial de Québec, dans le cadre d'une activité promotionnelle. Certains amateurs attendaient en ligne depuis tôt le matin dans l'espoir d'obtenir la griffe du champion.

Vêtu d'un chandail des Nordiques, souriant, l'air détendu, le Québécois s'est présenté sur la tribune en lançant à la blague qu'il venait de discuter au téléphone avec Gary Bettman et que ce dernier lui avait confirmé le retour des bleus. La foule, gagnée d'avance, a poussé des cris de joie.

Une fois l'introduction faite, il a expliqué par une métaphore les raisons qui motivent sa décision de s'éloigner, du moins pour un temps, de l'octogone.

«C'est comme un sac que je transporte avec des briques. Au fur et à mesure que les jours passent, que j'ai des combats, des camps d'entraînement, c'est comme si je rajoute des briques dans mon sac. Mon sac devient de plus en plus pesant et je traîne de plus en plus de poids sur mes épaules et c'est rendu à un point que j'avais trop de poids sur les épaules. Il était temps pour moi de prendre une décision», a-t-il dit.

St-Pierre n'aime pas le mot retraite et insiste pour parler d'une pause, se laissant toutes les portes ouvertes pour l'avenir.

«Plusieurs athlètes professionnels annoncent leur retraite et puis font un «comeback». Je suis quelqu'un qui a une parole, si je dis quelque chose, je le fais. Alors, j'aime mieux appeler ça une pause, de cette façon ça me laisse le choix de revenir ou pas», a-t-il souligné.

Invaincu depuis 2007 contre toutes les grandes pointures de l'UFC, St-Pierre s'est investi corps et âme dans son sport. Il se décrit comme une personnalité «obsessive» qui ne fait jamais dans la demi-mesure. Ce trait de caractère l'a conduit au titre de champion du monde mais il admet aujourd'hui que la facture est lourde.

«Ce qui est une qualité pour être champion du monde est aussi un défaut car cela nous empêche de vivre une vie normale. Je dois prendre une pause parce que justement, je n'en peux plus, je suis au bout du rouleau, et je dois arrêter ça là pour pouvoir vivre une vie normale», a-t-il dit.

Pour illustrer à quel point il a été absorbé par son sport au cours des dernières années, St-Pierre a raconté qu'il n'avait pas encore quitté l'octogone lors de sa victoire contre Nick Diaz à l'UFC 158 en mars 2013 qu'il pensait déjà à la façon de battre son prochain adversaire, Johny Hendricks.

Ce dernier combat, contre Hendricks le 16 novembre, a été d'une violence inouie. St-Pierre a été déclaré vainqueur par les juges, mais son visage témoignait des coups de massue infligés à répétition par l'aspirant. Le patron de l'UFC, Dana White _ qui clamait que Hendricks avait remporté le combat _ a prétendu après le duel que St-Pierre avait dû être transporté en ambulance.

«C'est faux. J'étais correct, j'attendais les docteurs (dans le vestiaire) pour me faire des points de suture. Deux jours après, j'étais à Malibu en train de jouer au volleyball et en train de courir sur la plage. Les dommages que j'ai subis étaient superficiels. Oui, Johny Hendricks frappe très fort, il est probablement un des mecs qui frappent le plus fort que j'ai à eu affronter, mais j'étais complètement correct à 100 pour cent», a-t-il assuré.

Du reste, St-Pierre a dit ne pas en vouloir à White pour avoir, notamment, contesté la décision des juges en sa faveur.

«Je suis en très bon terme avec Dana White. Il fait son travail, c'est un promoteur. Il s'en fout que les gens l'aiment ou pas, ce qu'il veut c'est promouvoir un combat dans le meilleur intérêt de la UFC. Son rôle était de promouvoir un match revanche. Cela aurait généré énormément d'argent mais moi, j'ai un peu cassé les plans par rapport que j'ai besoin d'une pause», a-t-il dit.

Quant aux rumeurs d'ennuis personnels qui circulent aux États-Unis et au Canada à son sujet depuis son combat contre Hendricks, l'athlète québécois n'a pas voulu s'étendre sur le sujet.

«Je sais que plusieurs rumeurs circulent à mon sujet mais pour moi, c'est important que ma vie privée reste privée», a-t-il dit.

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