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13/12/2013 08:18 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Le Premier ministre portugais accuse le FMI d'"hypocrisie"

Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a dénoncé vendredi "l'hypocrisie" du Fonds monétaire international (FMI), qui prône selon lui l'allègement des cures d'austérité sans pour autant traduire ce discours en actes.

Il réagissait ainsi aux propos de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui avait reconnu mardi à Bruxelles que les créanciers avaient exigé du Portugal et de la Grèce "trop de consolidation budgétaire, trop vite".

"J'ai été étonné" par ces déclarations car "cela fait deux ans que nous demandons un allègement du programme d'ajustement en matière d'objectifs budgétaires", a déclaré M. Passos Coelho lors d'un débat parlementaire.

"L'ancien ministre (des Finances) Vitor Gaspar a dit un jour, à propos de déclarations identiques de Mme Lagarde, qu'il y avait une certaine hypocrisie de la part de ces institutions internationales. Je ne cache pas que M. Gaspar avait tout à fait raison", a-t-il ajouté.

"Si la directrice générale du FMI reconnaît qu'il y a eu des erreurs en amont, alors le FMI aurait dû être cohérent et satisfaire les demandes du gouvernement portugais qui a défendu un allègement plus important", a-t-il fait valoir.

Lisbonne avait demandé en vain en septembre à la troïka (UE-FMI-BCE) d'assouplir sa cure d'austérité et de porter l'objectif de déficit public de 4% à 4,5% du PIB en 2014.

Jusqu'ici fidèle défenseur des préceptes de la troïka, le Premier ministre avait déjà estimé jeudi soir que le discours du FMI n'était "pas cohérent avec les décisions prises lors des négociations avec les experts de la troïka".

M. Passos Coelho se joint ainsi aux critiques de l'ensemble de la classe politique portugaise et des partenaires sociaux, qui ont dénoncé le manque de cohérence entre les discours des dirigeants du FMI et les pratiques de ses experts techniques.

Marco Antonio Costa, porte-parole du parti du Premier ministre, avait fustigé en septembre "l'hypocrisie d'institutions telles que le FMI qui font des voeux pieux mais ensuite affichent une attitude inflexible durant les négociations".

La troïka devrait conclure la semaine prochaine un nouvel audit du plan d'aide de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011 au Portugal et débloquer le cas échéant une nouvelle tranche de crédit de 2,7 milliards d'euros.

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