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13/12/2013 10:10 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

L'Autrichien Sebastian Kurz, plus jeune chef de la diplomatie en Europe

A 27 ans, Sebastian Kurz vient d'être nommé ministre des Affaires étrangères de l'Autriche, une belle promotion pour l'étoile montante du parti conservateur autrichien (ÖVP), devenant le plus jeune chef de la diplomatie européenne actuellement en exercice.

La nomination de ce Viennois aux cheveux blonds gominés et au visage poupin, qui s'est fait un nom comme secrétaire d'Etat à l'Intégration, a suscité quelques critiques étant donné son manque d'expérience diplomatique. Mais elles ont été moins acerbes qu'en 2011, lorsqu'il était entré au gouvernement.

Car depuis, l'étudiant en droit, qui a mis ses études entre parenthèse, a gagné en crédibilité grâce à son engagement et ses réussites, parmi lesquelles des mesures en faveur de l'intégration des musulmans et l'exigence de connaissance de la langue allemande avant l'entrée à l'école.

"Le portefeuille de l'Intégration n'était pas facile. Il a réussi à changer la manière de discuter de l'immigration", remplaçant la notion de menace potentielle par une culture de l'effort, a relevé le politologue Peter Ulram de l'institut Ecoquest, interrogé par l'AFP.

Séduisant à gauche comme à droite, Sebastian Kurz était le plus populaire des membres du gouvernement sortant et a, pour de nombreux observateurs, un profil de futur chancelier.

"Avec son style pragmatique, il a montré qu'il pouvait s'attaquer aux questions difficiles. Il va jeter des ponts et très bien représenter l'Autriche", a estimé le vice-chancelier et chef de la diplomatie sortant Michael Spindelegger .

"Cool-o-mobile"

Sebastian Kurz, qui conserve aussi le portefeuille de l'Intégration, a, lui, qualifié sa nomination de "chance" et de "grand défi" via les réseaux sociaux.

C'est également l'avis du politologue Anton Pelinka, qui ajoute: "il peut surprendre, surtout vu l'absence de profil clair de la politique étrangère et européenne de l'Autriche ces dernières années".

La république alpine a ainsi quelque peu surpris cet été en décidant le retrait rapide de ses casques bleus du plateau du Golan, après 40 ans de présence. Et si le pays plaide pour l'intégration des pays des Balkans à l'Europe, il se montre relativement discret sur la scène de l'Union européenne, sauf quand il s'agit de la défense de certains intérêts nationaux, comme le secret bancaire.

Sebastian Kurz est rompu aux critiques. Chef de l'organisation de jeunesse de l'ÖVP, il dirige la campagne à destination des jeunes lors des municipales à Vienne en 2010 et se fait remarquer, non pas par ses idées, mais par une communication frisant le ridicule.

Pour vanter le côté "excitant" du parti, une affiche de campagne le montrait posant sur le capot d'un gros 4x4 noir -la couleur de l'ÖVP- baptisé "geil-o-mobil" ("cool-o-mobile"). Les conservateurs ont réalisé lors de ce scrutin leur pire score dans la capitale, bastion historique de la gauche.

Cela n'a pas empêché son ascension fulgurante: entré à l'ÖVP dès l'adolescence, il prend la tête des jeunes conservateurs en 2009, devient conseiller municipal à Vienne un an plus tard, secrétaire d'Etat en 2011, avant de devenir jeudi chef de la diplomatie et plus jeune ministre autrichien depuis 1945.

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