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13/12/2013 05:35 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

La Bourse de Toronto devrait poursuivre sa croissance en 2014 grâce à la reprise

TORONTO - La Bourse de Toronto a engrangé en 2013 les modestes gains que la plupart des observateurs lui promettaient, terminant l'année avec une croissance d'environ six pour cent, mais les observateurs se montrent optimistes quant aux perspectives de la plus grande place boursière du Canada pour l'année qui s'en vient.

«Je crois que 2013 marque la fin d'une période de sous-performance prononcée», a estimé Bob Gorman, stratège de portefeuilles en chef chez TD Waterhouse. «Je crois que l'année qui s'en vient verra une convergence des rendements entre les marchés canadiens et américains.»

La progression du TSX cette année n'est pas très impressionnante comparativement à celle des marchés new-yorkais, où la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles était en voie de terminer 2013 sur une croissance de plus de 20 pour cent. Cependant, le parquet torontois peut se réjouir du changement de tendance par rapport aux années 2012 et 2011, qui se sont respectivement soldées par des reculs de 3,5 pour cent et 11 pour cent.

Compte tenu des secteurs qui ont éprouvé le plus de difficultés — celui des matériaux en général, les minières en particulier — la Bourse de Toronto, fortement exposée aux matières premières, a relativement bien fait cette année.

Le TSX a été retenu par une glissade de 34 pour cent du secteur des matériaux, qui comprend les minières des métaux précieux et des métaux de base, mais d'autres groupes ont affiché d'impressionnants gains et pourraient conséquemment connaître plus de succès auprès des investisseurs en 2014.

Par exemple, le secteur de la finance s'est éloigné des sommets touchés plus tôt dans l'année au début décembre, la plus récente saison de résultats trimestriels des banques s'étant avérée décevante. Mais ce groupe affiche toujours une croissance de 17 pour cent par rapport au début de 2013.

Les titres industriels ont progressé collectivement de 31 pour cent grâce aux performances des deux grands chemins de fer, le Canadien National et le Canadien Pacifique, dont les bénéfices ont été engraissés par les hausses des livraisons de pétrole brut.

Le secteur de l'énergie a pour sa part avancé d'environ sept pour cent, les cours du pétrole étant environ six pour cent plus élevés qu'au début de l'année, juste en deçà de 98 $ US le baril.

Mais la plus grande force du TSX à l'approche de 2014 pourrait bien être sa composition — qui pèse lourdement en faveur de l'énergie et des mines. «Il est plus tributaire de la croissance mondiale que les États-Unis, à cause des ressources naturelles», a observé Wes Mills, chef des investissements chez ScotiaMcLeod Portfolio Advisory Group.

Cela devrait donner un coup de pouce au marché puisque plusieurs s'attendent à ce que le secteur des matières premières, qui a souffert en 2013, regagne du terrain avec la reprise économique mondiale. En outre, M. Gorman a noté que 2014 devrait être la première année de croissance économique mondiale synchrone depuis la crise du crédit de 2007.

«À ce stade du cycle, les industries et les matériaux sont ce qui a tendance à mieux fonctionner», a indiqué M. Mills, qui prévoit un gain d'environ 10 pour cent pour ce secteur.

«Même si les titres aurifères ne devaient se contenter que de la stabilité, la potasse, l'uranium et les métaux de base, dont le cuivre, devraient connaître une meilleure année», a-t-il précisé.

Cela étant dit, il est difficile de trouver des analystes débordant de confiance pour le secteur de l'or, qui a plongé de 50 pour cent cette année. Le cours du métal a, lui aussi, culbuté et est passé de 1675,80 $ US l'once à la fin 2012 à un peu plus de 1200 $ US à la mi-décembre.

Les mesures d'assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale des États-Unis avaient fait grimper l'or jusqu'à 1900 $ US l'once en 2011, les investisseurs craignant que le programme d'achat d'obligations fasse accélérer l'inflation.

«Les risques mondiaux ont diminué — cela ne veut pas dire qu'ils étaient absents, mais ils diminuent», a expliqué M. Gorman. «Le dollar américain est assez ferme et les taux d'intérêt américains progressent — deux facteurs qui compliquent la vie de l'or.»

Quant au secteur de la finance, il est peu probable de le voir répéter sa solide performance de 2013. Cela s'explique en partie par la résurgence des titres d'assureurs, comme celui de la Financière Manuvie (TSX:MFC). Ces entreprises avaient été plombées après l'écroulement financier de 2008, lorsque les taux d'intérêt ont plongé près de zéro et que les gains des marchés boursiers ont disparu.

«Le secteur de la finance va être solide et stable», a fait valoir Sadiq Adatia, chef des investissements chez Placements mondiaux Sun Life. «Ils vont probablement tenir le coup, ils vont avoir de bons résultats et offrir des rendements décents et pour ceux qui recherchent des investissements de ce genre, c'est exactement ce que ces titres vont faire.»

Une des raisons expliquant la croissance marquée du segment industriel a été l'énorme gain de 59 pour cent de l'action du Canadien Pacifique (TSX:CP) dans la foulée des changements apportés à son conseil d'administration, avec les efforts de Bill Ackman, de Pershing Square Investments, qui, jusqu'à cet automne, restait le plus grand actionnaire du CP.

Mais le CP et son principal concurrent, le CN, ont aussi profité de l'amélioration générale des conditions économiques, et particulièrement de l'énorme quantité de pétrole brut qui est transportée par rail.

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