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13/12/2013 04:04 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Kerry se heurte au refus palestinien d'une présence militaire d'Israël

Le secrétaire d'Etat John Kerry tentait vendredi de surmonter le rejet du plan américain de sécurisation des frontières d'un futur Etat palestinien, le président Mahmoud Abbas refusant toute présence militaire israélienne après un accord de paix.

Le chef de la diplomatie américaine a rencontré dans la matinée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, sous un épais manteau de neige.

Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, qui devait participer aux entretiens, en a été empêché par les conditions météorologiques, selon son porte-parole.

"J'ai voulu revenir ici afin de tenter de poursuivre nos importantes discussions", a expliqué M. Kerry, dont c'est le deuxième voyage dans la région en une semaine, avant de repartir pour l'aéroport de Tel-Aviv, en direction de l'Asie du Sud-Est.

"C'est constructif. Mais c'est toujours compliqué", a-t-il reconnu. "Nous avons beaucoup de choses à discuter et nous allons continuer ce processus", a-t-il promis avant l'entretien.

Lors d'une rencontre jeudi soir à Ramallah (Cisjordanie), Mahmoud Abbas lui a signifié son rejet d'une prolongation de la présence militaire israélienne en Cisjordanie après un accord de paix, selon une source palestinienne proche du dossier.

"Le président Abbas a rejeté les idées présentées par le secrétaire d'Etat Kerry à cause de la présence de l'armée israélienne", selon cette source.

M. Abbas a "remis une lettre (à M. Kerry) exposant les positions palestiniennes et fixant les lignes rouges pour les Palestiniens", selon la même source, précisant que M. Kerry s'était dit prêt à revenir dans la région la semaine prochaine.

Le président palestinien a insisté sur la "nécessité de régler toutes les questions" du conflit, exprimant son scepticisme face à l'accord-cadre sans calendrier qu'envisagerait l'administration américaine, a souligné cette source.

Patrouilles israélo-palestiniennes

Selon les médias arabes et israéliens, les Etats-Unis ont proposé un maintien de soldats israéliens aux frontières entre la Cisjordanie et la Jordanie pendant 10 ou 15 ans après la signature d'un traité de paix et prépareraient un "accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un règlement final.

Selon le quotidien panarabe Al-Quds al-Arabi, le plan américain prévoit également des stations d'alerte israéliennes sur les hauteurs de Cisjordanie, le droit pour Israël de refuser l'entrée de voyageurs par la frontière palestino-jordanienne et des patrouilles conjointes israélo-palestiniennes le long du Jourdain.

Le département d'Etat a réaffirmé tout au long de la semaine que le but était de parvenir, dans le délai de neuf mois imparti à ces négociations relancées fin juillet, à "un accord final" et non pas un nouveau "règlement transitoire".

M. Netanyahu exige qu'un Etat palestinien soit démilitarisé et qu'Israël puisse y garder sur le long terme des troupes dans la vallée du Jourdain.

Les Palestiniens acceptent uniquement une force internationale, une option rejetée par Israël qui insiste pour pouvoir "se défendre lui-même par lui-même".

Dans une tribune publiée jeudi, l'ancien conseiller à la sécurité nationale israélien, le général de réserve Giora Eiland, explique que "du point de vue d'Israël, le risque de céder des territoires en Judée-Samarie (Cisjordanie, NDLR) ne vient pas nécessairement de la menace présentée par les Palestiniens mais par d'autres ennemis" dans la région.

"Israël insiste pour avoir un contrôle contigu tout le long du Jourdain et il semble que les Américains l'acceptent", écrit-il, considérant que pour contrôler effectivement la frontière palestino-jordanienne, son armée aura besoin d'une bande de 5 km de large dans la vallée, une exigence exorbitante pour les dirigeants palestiniens.

Le président américain Barack Obama a prévenu le 7 décembre que les Palestiniens devraient accepter une "période de transition" après la signature d'un accord de paix.

Les Etats-Unis ont trouvé les réponses aux préoccupations de sécurité d'Israël, a également assuré M. Obama, tout en s'en remettant à la décision du gouvernement israélien sur cette question.

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