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13/12/2013 10:58 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

France: le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction des signes religieux à l'école

Le président français François Hollande a affirmé vendredi en Guyane que la question du voile à l'école, soulevée après la publication d'un rapport controversé sur l'intégration sur le site internet du Premier ministre, "ne fait pas débat" soulignant qu'elle a été "tranchée par le législateur et qu'il n'est en aucune façon question de revenir dessus".

Un des rapports remis au chef du gouvernement proposait un assouplissement des règles sur le port du voile à l'école.

Les textes publiés sur le site du Premier ministre "n'engagent en aucune façon le gouvernement", a ainsi expliqué M. Hollande, précisant qu'il ne s'agissait pas "d'un rapport, mais de groupes qui ont été consultés" et qui "ont émis des réflexions".

Quant au voile, "cette question ne fait pas débat. Elle a été tranchée par le législateur et il n'est en aucune façon question de revenir là-dessus", a-t-il assuré.

"Il n'y a aucune raison de changer la loi que d'ailleurs nous avons, pour les parlementaires qui siégeaient à l'époque, laissé passer", a-t-il fait valoir.

Le 10 février 2004, l'Assemblée Nationale avait voté à une très large majorité, avec les voix des députés socialistes, la loi interdisant le port de signes religieux à l'école.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait déjà assuré vendredi que le gouvernement français n'avait aucune intention de réintroduire les signes religieux à l'école.

"Ce n'est pas parce que je reçois des rapports que c'est forcément la position du gouvernement", a déclaré devant la presse M. Ayrault, qui réagissait aux critiques de l'opposition de droite qui a mis en garde le gouvernement concernant sa politique d'immigration après la publication de ce rapport.

Le rapport, commandé par le gouvernement et remis le 13 novembre au Premier ministre, propose une "politique repensée" de l'intégration en France axée sur la lutte contre les discrimination. Il suggère notamment de revenir sur la loi, votée en 2004, qui interdit les signes religieux à l'école et en particulier le voile islamique.

Parmi les autres propositions du rapport, figurent le développement de l'apprentissage des nouvelles langues parlées en France, la suppression des conditions de nationalité pour accéder à un emploi, ou encore la création d'un "délit de harcèlement racial".

Vendredi, le président du parti d'opposition UMP (droite) Jean-François Copé a "interpellé solennellement" le président François Hollande en lui demandant de ne pas mettre en oeuvre les dispositions préconisées dans ce rapport, qui propose selon lui "d'ériger le communautarisme en nouveau modèle pour la France".

"Notre République serait en danger si vous cédiez à cette tentation en mettant en oeuvre, ne serait-ce qu'à minima, un rapport dont l'intention est de déconstruire (...) cette République", a déclaré M. Copé.

"M. Copé est un irresponsable et un menteur parce que faire le procès au gouvernement de la République que je dirige que nous voudrions abandonner le modèle républicain d'intégration, celui de droits et des devoirs, celui de la République démocratique laïque et sociale, c'est une injure", a réagi M. Ayrault.

"Il va jusqu'à dire que nous voudrions réintroduire les signes religieux à l'école, le voile à l'école. Mais de quoi parle-t-il ? Est-ce qu'on a dit ça une fois ? A-t-on cette intention ? Evidemment pas", a déclaré le chef du gouvernement français.

Une réunion interministérielle se tiendra début janvier pour bâtir la future feuille de route du gouvernement en matière d'intégration des immigrés.

La publication de ce rapport intervient alors que la question de l'islam fait régulièrement débat en France entre polémique sur le voile à l'école, l'interdiction controversée du voile intégrale dans l'espace public et la place des musulmans.

Cinq à six millions de musulmans vivent en France.

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