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13/12/2013 11:18 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Exécution d'un leader au Bangladesh: l'opposition veut se venger

DACCA, Bangladesh - Un parti politique islamiste a juré vendredi de renforcer la présence de l'islam au Bangladesh pour venger l'exécution, la veille, d'un leader de l'opposition pendu pour des crimes de guerre commis pendant la guerre d'indépendance du pays face au Pakistan, en 1971.

Abdoul Quader Mollah a été pendu jeudi soir dans une prison de Dacca, la capitale. Sa mort a exacerbé la division politique au Bangladesh, pays pauvre de 160 millions d'habitants voisin de l'Inde et de la Birmanie.

La formation politique de l'homme de 65 ans, Jamaat-e-Islami, occupait un important rôle dans l'opposition. Son parti a d'ailleurs immédiatement lancé un appel à la grève générale pour dimanche à l'annonce de sa pendaison.

Les opposants du parti affirment toutefois qu'il s'agit d'un groupe fondamentaliste qui n'a pas sa place dans un pays séculier. La population bangladaise est à majorité musulmane mais les lois régissant le pays sont inspirées du common law de la Grande-Bretagne.

Vendredi, une série de violences a fait au moins cinq morts alors que des militants ont incendié des maisons et des commerces appartenant aux partisans du gouvernement.

Des centaines d'autres ont déferlé dans les rues de Dacca pour célébrer cette pendaison, affirmant que justice avait été rendue. Le quotidien Daily Star a félicité la première ministre Sheikh Hasina pour avoir jugé et exécuté Abdoul Quader Mollah «40 longues années» après qu'il eut commis ses crimes.

Dans un communiqué publié tard jeudi, le leader de Jamaat-e-Islami Makbul Ahmed prévenait quant à lui que les «gens prendront leur revanche sur ce meurtre en instaurant l'islam au Bangladesh, désormais entaché du sang d'Abdoul Quader Mollah».

L'homme devient la première personne exécutée depuis que la première ministre Hasina a ordonné, en 2010, la tenue de procès spéciaux pour les personnes soupçonnées de crimes de guerre pendant la lutte pour l'indépendance. Le gouvernement affirme que les soldats pakistanais, avec l'aide de collaborateurs locaux, ont tué trois millions de personnes et violé 200 000 femmes pendant les neuf mois qu'a durée la guerre.

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