NOUVELLES
13/12/2013 10:41 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Deux anciens combattants centenaires se rencontrent pour la première fois

AUSTIN, États-Unis - Il n'y a pas beaucoup d'anciens combattants plus âgés qu'Elmer Hill, un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale âgé de 107 ans. C'est pourquoi il a ressenti un léger choc lorsqu'il a rencontré un Texan... de trois mois son aîné, vendredi.

En voyant Richard Overton pour la première fois, M. Hill a suggéré qu'il devrait peut-être changer sa date d'anniversaire.

Les deux hommes, qui ont tous deux combattu dans le Pacifique pendant la guerre, se sont rencontrés dans une résidence pour personnes âgées d'Austin, au Texas, où ils se sont chaleureusement serré la main, ont mangé un repas et ont été honorés par le maire de l'endroit, Lee Leffingwell.

Certains ont affirmé que MM. Overton et Hill sont les deux anciens combattants les plus âgés de la Deuxième Guerre mondiale vivant aux États-Unis, mais d'autres doutent de cette affirmation et prétendent qu'il n'y a aucune façon d'en vérifier la véracité.

M. Overton, qui a grandi et vit toujours à Austin, a travaillé dans un magasin de meubles et a également déjà oeuvré à titre de coursier au Capitole de l'État. M. Hill, un ancien directeur d'école, vit dans la communauté de Henderson, située dans l'est du Texas, et a été conduit sur une distance de près de 385 kilomètres pour assister à l'événement, organisé par Emeritus Senior Living.

Le Département des Anciens combattants des États-Unis ne dispose pas d'une liste complète de tous les Américains ayant servi dans les forces armées, ce qui rend impossible toute tentative de déterminer si MM. Overton et Hill sont effectivement les deux vétérans les plus âgés du pays.

Néanmoins, M. Overton s'est rendu à Washington pour la Journée des Anciens combattants cette année et a été personnellement salué par le président Barack Obama. Pour sa part, M. Hill doit visiter la capitale américaine samedi.

Avec son esprit toujours aiguisé et vif, M. Overton a blagué sur son habitude de fumer des cigares et de prendre un verre occasionnel. Alors qu'il attendait M. Hill sous une pluie froide, il a dit, sourire en coin, espérer que son nouvel ami apporterait du whisky!

Les deux hommes sont de race noire et pendant le repas, M. Hill a parlé de son recrutement en 1942 dans les forces armées, sujettes à la ségrégation à l'époque, et de son service dans la Marine. Il était cuisinier et fusilier sur un porte-avion.

«Je n'ai pas offert mes services; ils m'ont mis là», a-t-il raconté.

Plus tard questionné à savoir s'il avait un conseil pour les générations plus jeunes, M. Hill a répondu : «Soyez bons pour vous-mêmes et vos maîtres et soyez de bons citoyens, où que vous soyez, que ce soit dans la Marine, dans l'Armée ou simplement une personne à la maison».

«Je ne suis pas si vieux. Je suis juste ici depuis un très long moment!», a-t-il aussi lancé, à la blague.

À l'époque, les Noirs étaient mutés dans des unités composées strictement de combattants de race noire et au début de la Deuxième Guerre mondiale, ils étaient souvent relégués à d'autres fonctions que celles de combat. Quand la guerre s'est poursuivie, les nombreux décès ont forcé les autorités à muter les soldats de race noire au combat et leur nombre a augmenté de façon radicale en 1945.

M. Overton était déjà dans la trentaine lorsqu'il s'est engagé et a servi dans le 188e bataillon d'ingénieurs de l'aviation de l'Armée. Il était à Pearl Harbor juste après l'attaque japonaise.

«Je veux lui poser quelques questions sur la guerre» a dit M. Overton en parlant de M. Hill.

«Vous êtes toujours dans une guerre, vous savez. Maintenant vous combattez contre vous-même.»

Les deux ayant de la difficulté à entendre, les conversations sur des sujets spécifiques ont cependant été difficiles.

Né le 11 mai 1906, M. Overton s'est rappelé qu'alors qu'il était jeune, il avait vu des soldats se préparer pour la Première Guerre mondiale. Il a expliqué qu'il était sur un pont et qu'il avait vu des milliers de soldats arriver à Austin après avoir marché plus de 145 kilomètres, depuis San Antonio, parce qu'il n'y avait pas de place dans les trains bondés.

Plus tard, il est lui-même devenu soldat.

«Il y a certaines épreuves qu'on traverse dans cette Armée et qu'on n'oublie jamais, a-t-il dit. Mais il y en aurait trop à raconter. On ne peut tout dire.»

PLUS:pc