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13/12/2013 07:35 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Afrique du Sud: le «faux interprète» aurait déjà été accusé de meurtre

JOHANNESBURG - Le gouvernement sud-africain a dû faire face, vendredi, à une nouvelle allégation pour le moins surprenante à propos du faux interprète en langue des signes embauché pour la cérémonie en l'honneur de Nelson Mandela; l'homme aurait en effet été accusé de meurtre il y a 10 ans.

Des responsables ont indiqué qu'ils enquêtaient sur cette révélation de la chaîne télévisée nationale eNCA TV, mais ils n'étaient pas en mesure d'expliquer — ou ne voulaient pas le faire — pourquoi un homme se disant schizophrène et en proie à des tendances violentes a pu se trouver à proximité du président américain Barack Obama et d'autres leaders de la planète.

Les enquêteurs se penchant sur le cas de Thamsanqa Jantjie «déposeront un rapport complet», a assuré Phumla Williams, la plus importante porte-parole du gouvernement. Elle n'a toutefois pas précisé la longueur de l'enquête, et a insisté sur le fait que des détails ne seront pas divulgués avant que l'enquête ne soit complétée.

Un journaliste de l'Associated Press a retrouvé M. Jantjie dans un bar de fortune en bordure de Soweto, vendredi, non loin de sa maison en béton installée près de cabanes et d'une décharge illégale où des chèvres broutent l'herbe poussant entre les déchets. Interrogé à propos de l'allégation de meurtre, l'homme s'est retourné et est parti sans rien dire.

La veille, il avait confié à l'agence de presse qu'il avait été «très» violent par le passé, souffrait de schizophrénie et avait imaginé voir des anges descendant du ciel lors de la cérémonie pour Mandela. Il s'est également excusé pour son travail, mais a défendu son interprétation comme étant «la meilleure du monde».

Son affirmation a été tournée en ridicule par des défenseurs des droits des sourds, qui ont soutenu qu'il ne savait pas signer «Mandela», ou encore «merci».

Le résultat de l'affaire de meurtre qui remonterait à 2003, selon eNCA, n'est pas clair, et le reportage télévisé n'a pas mentionné plus de détails.

Des responsables du tribunal de Johannesburg où l'accusation aurait été déposée n'étaient pas au travail, vendredi après-midi, et n'ont pas répondu à des demandes de commentaires par courriel.

Il n'existe aucune trace écrite d'une affaire de meurtre impliquant M. Jantjie au ministère sud-africain de la Justice, mais le porte-parole Nathi Mncube souligne que cela ne signifie pas que l'interprète n'ait jamais été soupçonné de quoi que ce soit.

Le fiasco entourant l'utilisation de M. Jantjie comme interprète devant des téléspectateurs du monde entier est devenu un sujet d'embarras international pour l'Afrique du Sud, dont le parti au pouvoir, le Congrès national africain, et le président, Jacob Zuma, ont déjà vu leur popularité diminuer en raison de scandales de corruption et d'autres dossiers ayant irrité la population.

Le ministre sud-africain des Arts et de la Culture, Paul Mashatile, s'est excusé vendredi pour avoir retenu les services de M. Jantjie, les deuxièmes excuses gouvernementales en deux jours, et affirme que des réformes doivent être mises en place pour s'assurer qu'un tel incident ne puisse plus se reproduire.

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