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12/12/2013 06:40 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

USA: la Chambre adopte le budget à l'heure, la balle dans le camp du Sénat

La Chambre des représentants américaine a adopté jeudi un budget pour 2014 et 2015 qui, s'il était entériné par le Sénat, repousserait le spectre des crises à répétition qui ont marqué les trois dernières années aux Etats-Unis.

Les représentants, qui siégeaient pour la dernière fois de l'année, ont aussi adopté dans la foulée la grande loi annuelle sur la Défense, qui assouplit les restrictions sur le transfèrement à l'étranger des détenus de Guantanamo et réforme la gestion des affaires de viols au sein de l'armée.

Le Sénat ne s'ajournera que la semaine prochaine.

La Chambre, dominée par les républicains, a approuvé à une très large majorité (332 contre 94) le budget négocié pendant plusieurs semaines après le psychodrame de la paralysie des administrations fédérales en octobre. Le Congrès s'était alors fixé comme date butoir cette semaine pour s'accorder sur un budget, et jusqu'au 15 janvier pour adopter les lois de finances définitives. Ce calendrier est en passe d'être respecté.

Le président Barack Obama soutient le compromis, bien qu'il soit selon lui imparfait, et le porte-parole de la Maison Blanche s'est félicité du vote de jeudi.

"Il marque un moment important de coopération entre les deux partis et montre que Washington peut et doit cesser ce mode de gouvernement par la crise, et que les deux camps peuvent travailler ensemble pour accomplir des choses", a déclaré dans un communiqué Jay Carney.

"Cela fait longtemps qu'on essaie de s'étrangler les uns les autres", entre démocrates et républicains qui contrôlent chacun une moitié du Congrès, a expliqué le représentant républicain Paul Ryan. "Il va falloir qu'on gagne des élections, mais d'ici là, essayons de faire en sorte que ce pouvoir, bien que divisé, fonctionne".

Après deux années de baisse historique, les dépenses fédérales devraient repartir à la hausse en 2014, grâce à l'annulation de 30% des coupes automatiques qui devaient initialement raboter le budget dans les deux prochaines années.

Les dépenses militaires, qui devaient subir une réduction nette, vont légèrement augmenter, à la grande satisfaction du Pentagone et du secteur de la défense.

L'annulation partielle de cette austérité a d'ailleurs provoqué la colère de certains élus conservateurs, et 62 républicains sur 232 ont voté contre le texte, jugé laxiste.

Les républicains ont concédé une hausse de plusieurs taxes et redevances, notamment sur les passagers aériens, mais les impôts n'ont pas été augmentés, conformément à leur promesse.

Côté dépenses, les fonctionnaires fédéraux embauchés à partir de 2014 cotiseront légèrement plus.

Au total, le déficit (4,1% du PIB en 2013) continuera à fondre sur les dix prochaines années. Selon la dernière estimation disponible du Bureau du budget du Congrès (CBO), il doit tomber à 2,3% du PIB en 2016, un chiffre qui ne devrait pas être modifié par ce nouveau budget.

Mais l'accord reste, de l'aveu des deux camps, un compromis. Les grandes réformes de l'Etat-providence (programmes de retraite, santé, aides sociales) ou du code fiscal sont repoussées aux calendes grecques.

Les allocations fédérales pour les chômeurs de longue durée, mises en place pendant la récession pour rallonger la période d'indemnisation, vont en outre expirer à la fin de l'année, car les démocrates n'ont pas réussi à imposer la reconduction du programme l'année prochaine. Environ 1,3 million de chômeurs vont perdre leurs allocations fin décembre, et 4,9 millions seront affectés en 2014.

ico/gde

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