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12/12/2013 10:47 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Un projet de nouvelles sanctions contre Téhéran bloqué au Sénat américain

L'administration du président Barack Obama a gagné un allié de poids jeudi contre l'instauration de nouvelles sanctions contre l'Iran, après qu'un important sénateur américain eût annoncé bloquer une tentative de faucons, insatisfaits de l'accord intérimaire de Genève sur le nucléaire iranien.

Tim Johnson, président démocrate de la commission bancaire du Sénat, traditionnellement chargée d'élaborer et voter toute sanction économique contre Téhéran, a expliqué qu'il n'était pas favorable au vote d'un nouveau volet de sanctions.

"La demande de l'administration pour une pause diplomatique est raisonnable", a-t-il déclaré lors d'une audition parlementaire. "Un nouveau volet de sanctions américaines aujourd'hui pourrait rompre l'unité de la coalition internationale contre le programme nucléaire iranien".

"Nous ne devrions pas faire quoi que ce soit de contre-productif qui risquerait de fragiliser l'unité occidentale dans ce dossier. Nous devrions faire en sorte que si les négociations échouent, l'échec sera la faute de l'Iran", a-t-il justifié. "Nous ne devrions pas donner de prétexte à l'Iran, aux pays du P5+1 ou à d'autres pays de placer la responsabilité d'un échec sur nous".

Les nouvelles sanctions sont préparées par le président démocrate de la commission des Affaires étrangères, Robert Menendez, et le républicain Mark Kirk. Elles n'auraient pris effet qu'au terme de la période intérimaire de six mois définie par l'accord signé à Genève le 24 novembre entre Téhéran et les puissances du groupe P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie + Allemagne).

Cet accord d'étape allège une partie des sanctions actuelles, et stipule que les pays signataires n'en imposeront pas de nouvelles.

Selon les partisans d'un resserrement immédiat de l'étau, la menace de nouvelles sanctions inciterait Téhéran à accepter un accord final sans tergiverser. Le président américain disposerait toutefois d'une certaine flexibilité pour repousser tous les 30 jours la mise en place de nouvelles sanctions, a appris l'AFP de source sénatoriale proche des discussions.

MM. Menendez et Kirk, soutenus par plusieurs élus démocrates et républicains, dont le sénateur John McCain, n'ont pas encore dévoilé leur proposition de loi, mais pourraient le faire cette semaine, selon la même source.

Mais, bloqués par la commission bancaire, les élus n'ont pas indiqué comment ils comptaient procéder pour forcer un vote sur leur plan.

Dans tous les cas, aucun vote n'aura lieu en décembre, le calendrier étant plein et le Sénat devant s'ajourner pour les vacances de Noël la semaine prochaine.

ico/are

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