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12/12/2013 06:07 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Turquie: un ex-chef de l'armée nie son rôle dans un putsch en 1997

L'ancien chef d'état-major de l'armée turque, Ismail Hakki Karadayi, a nié jeudi devant la justice son rôle dans un coup de force non violent en 1997 qui avait chassé du pouvoir le premier gouvernement pro-islamiste de Turquie.

L'ex-général, âgé de 81 ans, dispensé jusqu'à présent pour des raisons de santé, a pour la première fois témoigné devant les juges d'une cour criminelle d'Ankara où il est jugé depuis septembre avec 103 anciens militaires.

"Je réclame mon acquittement, je n'ai rien fait qui peut être assimilé à un coup d'Etat", a déclaré l'officier à la retraite. "Le 28 février n'est pas un processus de coup d'Etat, l'armée n'a rien à se reprocher", a-t-il insisté.

Le général Karadayi a plaidé que le coup de force de l'armée ne constituait pas un "coup d'Etat" et que le gouvernement de tendance islamiste de l'époque était responsable des "tensions" de l'époque car il agissait contre les principes laïques de la République turque.

L'armée avait obtenu le 28 février 1997 la chute de la coalition au pouvoir dirigée par le Premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, mentor politique de l'actuel chef du gouvernement Recep Tayyip Erdogan.

Les militaires avaient ainsi organisé en février un défilé de chars dans les rues d'une banlieue de la banlieue d'Ankara et maintenu leur bras de fer jusqu'à l'éclatement de la coalition au pouvoir, en juin. Aujourd'hui décédé, M. Erbakan avait alors été interdit de toute activité politique et son parti dissous.

A l'inverse des putschs en bonne et due forme qui l'ont précédé en 1960, 1971 et 1980, cette intervention de l'armée dans la sphère politique s'est déroulée sans violence et est depuis qualifiée de "coup d'Etat post-moderne".

Depuis septembre, la plupart des détenus incarcérés dans cette affaire ont été libérés dans l'attente d'un verdict, à l'exception notamment de l'ex-général Cevik Bir, à l'époque l'adjoint du général Karadayi, considéré comme le "cerveau" de l'opération.

Depuis l'arrivée au pouvoir de son gouvernement islamo-conservateur, M. Erdogan a réduit l'influence des militaires sur la vie politique.

Des dizaines d'officiers d'active et à la retraite ont été condamnés depuis 2008 au terme de plusieurs procès pour des complots présumés dirigés contre le pouvoir.

BA/pa/ros

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