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12/12/2013 07:19 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Syrie: une victoire d'Assad serait "le meilleur de 3 horribles scénarios" (ex-patron de la CIA)

Une victoire de Bachar al-Assad en Syrie pourrait être "le meilleur de trois très, très horribles scénarios", dont aucun ne prévoit la victoire de la rébellion, a estimé jeudi à Washington l'ancien directeur de la CIA Michael Hayden.

Intervenant à la tribune de la septième conférence annuelle sur le terrorisme organisée par le groupe de réflexion Jamestown Foundation M. Hayden, qui a dirigé la centrale américaine de renseignement de 2006 à 2009, a détaillé ce qu'il estimait être les trois scénarios possibles pour l'évolution de la situation en Syrie, précisant qu'ils étaient tous "incroyablement affreux".

Evoquant l'une des possibilités, celle "qu'Assad gagne", il a déclaré: "Je dois vous dire qu'en ce moment, aussi horrible que cela paraisse, je suis enclin à penser que cette option serait la meilleure de ces trois très, très horribles issues éventuelles au conflit. La situation devient chaque minute plus atroce".

Il a toutefois estimé que l'issue actuellement la plus probable est que l'on s'achemine vers la dissolution du pays entre factions rivales. "Cela signifie aussi la fin (des frontières dessinées en 1916 lors des accords franco-britanniques) de Sykes-Picot. Cela entraînerait la dissolution des Etats artificiellement créés dans la région après la Première Guerre mondiale".

"Je crains fort la dissolution de l'Etat syrien. Cela provoquerait la naissance d'une nouvelle zone sans gouvernance, au croisement de la civilisation", a-t-il ajouté. Tous les Etats de la région, notamment le Liban, la Jordanie et l'Irak seraient affectés, selon lui.

"La narration, l'histoire dominante de ce qui se passe en ce moment en Syrie est la prise de contrôle par des fondamentalistes sunnites d'une partie significative de la géographie du Moyen-Orient", a-t-il ajouté. "Cela signifie l'explosion de l'Etat syrien et du Levant tel que nous le connaissons".

Il a précisé qu'un autre scénario possible était la poursuite indéfinie des combats, "avec des fanatiques sunnites combattant des fanatiques chiites et vice-versa. Le coût moral et humain de cette hypothèse est absolument prohibitif".

"Je ne peux imaginer de scénario plus terrible que celui qui se déroule actuellement en Syrie" a conclu Michael Hayden qui a également dirigé, de 1999 à 2005, l'Agence nationale du renseignement (NSA).

mm/gde

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