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12/12/2013 04:29 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Résolu perd la certification FSC sur trois territoires au Québec et en Ontario

MONTRÉAL - La plus importante compagnie forestière au Canada, Produits forestiers Résolu, ne peut plus affirmer que ses produits sont certifiés FSC s'ils proviennent de trois territoires qui, ensemble, représentent près de la moitié de toute la superficie qu'elle exploite.

Les certificats FSC (Forest Stewardship Council), une des normes de pratique forestière durable les plus reconnues sur la scène internationale, ont été suspendus sur deux territoires au nord du Lac-Saint-Jean et un autre dans le nord de l'Ontario pour des accrocs au respect des Premières Nations ainsi qu'à la protection des vieilles forêts et du caribou forestier.

La norme FSC représente un argument de poids sur des marchés qui se montrent de plus en plus exigeants quant aux pratiques environnementales des entreprises.

La suspension des certificats est valide pour un an. C'est le Rainforest Alliance qui a la responsabilité de réaliser les audits requis pour l'émission des certificats. FSC Canada affirme qu'il s'agit de la plus grande surface — près de 8 millions d'hectares — à avoir été frappée d'une telle suspension.

Résolu affirme toutefois ne rien avoir à se reprocher. Selon son porte-parole, Karl Blackburn, les reproches touchant le respect des Premières Nations sont reliés aux difficultés dans les pourparlers entre Québec et les communautés autochtones touchées, auxquelles l'entreprise n'est pas partie prenante.

Quant aux questions touchant la protection du caribou forestier, Résolu affirme qu'il s'agit d'un différend d'interprétation puisque l'entreprise dit se conformer à la lettre aux normes provinciales, alors que la certification FSC est liée au respect des normes fédérales, plus strictes.

Résolu affirme être en mesure de continuer à approvisionner ses clients avec des produits certifiés FSC provenant de ses autres exploitations en attendant de ravoir la certification, ce qu'elle entend bien réussir. Quant aux produits provenant des exploitations décertifiées, la forestière rappelle qu'il y a encore des marchés qui n'exigent pas cette norme et elle entend y chercher des débouchés en attendant de redevenir certifiée.

Du côté de l'organisme environnemental Greenpeace, son directeur québécois, Nicolas Mainville, estime que la suspension démontre la mauvaise gestion de l'entreprise.

Greenpeace, qui siège au conseil d'administration de FSC, s'est maintes fois montrée très critique de Résolu. Selon M. Mainville, il est temps que la forestière prenne ses responsabilités et revoit son approche afin d'assurer la durabilité de ses activités.

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