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12/12/2013 12:47 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

République centrafricaine: une foule essaie de lyncher des musulmans

BANGUI, République centrafricaine - Des soldats africains ont tiré des coups de semonce, jeudi en République centrafricaine, pour disperser une foule déterminée à lyncher des musulmans qui avaient trouvé refuge dans l'enceinte d'une église.

Les troubles à Bangui mettent en lumière la rage et l'incertitude qui règnent toujours dans la capitale, Bangui, malgré l'arrivée de 1600 soldats français et les patrouilles de soldats africains provenant des pays voisins.

Les deux forces tentent de stabiliser ce pays pauvre et anarchique où des affrontements sectaires ont fait plus de 500 morts la semaine dernière.

Le pays est déstabilisé depuis qu'une alliance de rebelles principalement musulmans a chassé le président chrétien et porté au pouvoir Michel Djotodia. La rage se fait de plus en plus vive à l'endroit des combattants du mouvement Seleka, qui sont accusés de nombreuses violences contre les civils.

Jeudi, des milliers de personnes ont observé impassivement pendant que des jeunes hommes armés de grosses pierres tentaient de pénétrer dans l'enceinte de l'église de Saint-Jacques, à Bangui, à la recherche d'un ancien général rebelle qui se terrait possiblement à l'intérieur.

La foule a commencé à crier «Tuez-le! Tuez-le!» pendant que d'autres tiraient un gigantesque arbre abattu devant l'entrée pour empêcher quiconque de s'enfuir.

«Il a attaqué tout le monde et il est responsable de plusieurs crimes ici à Bangui, a dit un jeune homme de 18 ans, Jonny Clevar. Nous voulons le tuer.»

Après avoir tiré en l'air, les soldats africains ont aidé plusieurs personnes à quitter les lieux. Les hommes portaient des vêtements civils et semblaient être des religieux musulmans et non d'anciens rebelles. La foule a lancé des pierres aux soldats et leurs véhicules et ne s'est dispersée qu'après les coups de semonce.

En dépit de cette violence, la vie semble lentement reprendre son cours à Bangui. Les stations d'essence et les marchés d'alimentation ont rouvert leurs portes pour la première fois depuis le 5 décembre, et plusieurs des milliers de rebelles auraient accepté de déposer les armes ou de rentrer dans leurs casernes.

«La quantité d'armes qui circule à Bangui est en forte chute, a dit le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l'armée française. Il reste encore un certain nombre d'individus susceptibles de les cacher ou de les porter. Il faudra du temps pour retrouver ces individus et leurs dépôts d'armes.»

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