POLITIQUE
12/12/2013 10:09 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Québec débloque cinq millions $ pour les élèves en difficulté au collégial

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MONTRÉAL - Le réseau collégial évalue à 10 millions $ le montant nécessaire pour soutenir ses étudiants ayant des besoins particuliers. Mais pour l'heure, il accueille avec satisfaction l'injection de cinq millions de dollars annoncée jeudi par le ministre Pierre Duchesne.

Au cours des dernières années, le nombre d'étudiants en difficulté a explosé dans les cégeps. En 2007, quelque 1300 étudiants «en situation de handicap» fréquentaient l'un des 48 cégeps de la province. Cinq ans plus tard, à l'automne 2012, ils étaient 7500, ce qui constitue une augmentation de 477 pour cent.

Cette explosion représente une «bonne nouvelle» aux yeux du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, qui y voit une preuve de l'efficacité du réseau scolaire à accompagner ces élèves à besoins particuliers.

«Avant, ces étudiants-là ne se rendaient pas (au cégep) en raison d'un manque de ressources ou de valorisation. C'est la démonstration que l'accompagnement qui a été fait au niveau secondaire donne de très bons résultats», a fait valoir le ministre Duchesne lors d'une conférence de presse au cégep du Vieux-Montréal, jeudi.

Ainsi, dès 2013-2014, 3 millions $ seront injectés afin de renforcer le soutien aux étudiants collégiaux ayant des besoins particuliers, notamment ceux qui souffrent d'un handicap, ainsi qu'aux étudiants autochtones et issus de l'immigration.

L'année suivante, 2 millions $ provenant du Programme d'allocation pour des besoins particuliers s'ajouteront à ces sommes. Il ne s'agit pas ici d'argent neuf, mais bien d'une enveloppe qui sera dédiée aux établissements collégiaux et gérée par eux.

Une annonce bienvenue

Même s'il aurait bien pris le double du montant débloqué jeudi par Québec, le président et directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, a salué la contribution du gouvernement.

«Il y a quelques années à peine, on avait des étudiants pas toujours diagnostiqués qui ne voulaient pas nécessairement faire état de leur situation, mais qui avaient un déficit de services pour poursuivre leur parcours collégial. Alors, on est sur la bonne voie», a plaidé M. Beauchesne.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) s'est également réjouie de l'annonce du ministre Duchesne. L'organisation considère le soutien aux cégépiens en difficulté comme l'un de ses dossiers prioritaires, a indiqué Éliane Laberge, présidente du regroupement.

«C'est un enjeu extrêmement important, a-t-elle indiqué. Le nombre d'étudiants qui ont des besoins particuliers (...) va aller en augmentant dans les prochaines années. Il faut donc être prêt à les accueillir toujours plus, ces étudiants-là.»

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) estime aussi qu'il s'agit d'une bonne nouvelle pour le réseau collégial.

Le syndicat a néanmoins prévenu qu'il ne faudrait pas oublier les enseignants au collégial, qui sont en première ligne et qui doivent, entre autres, modifier leurs approches pédagogiques afin de mieux répondre aux projets d'études de ces étudiants.

«Il n'y a jamais rien eu pour compenser l'augmentation de tâche des enseignants qui ont dans leur classe des étudiants qui sont en situation de handicap», a signalé Micheline Thibodeau, présidente de la FNEEQ-CSN.

L'aide financière, qui découle des engagements pris à l'issue du Sommet sur l'enseignement supérieur, sera récurrente, a confirmé Joël Bouchard, l'attaché de presse du ministre Duchesne.

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