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12/12/2013 01:27 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Le patron de la Banque du Canada ne semble pas surpris du recul du huard

MONTRÉAL - Sans être surpris du recul du huard face à la devise américaine, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, n'a pas l'intention d'intervenir pour corriger le tir si la dégringolade du dollar canadien devait se poursuivre.

En marge de son premier discours à Montréal depuis qu'il occupe cette fonction, M. Poloz a insisté pour dire que c'était au «marché de déterminer le prix idéal» de la devise canadienne, qui se transige actuellement autour de 95 cents US.

«Nous n'émettons pas d'opinion sur ce que devrait être (la valeur) du dollar, a souligné le gouverneur, jeudi. Nous tentons d'interpréter ses fluctuations du mieux que nous le pouvons.»

M. Poloz, qui s'est livré à une courte analyse de la situation, a cependant rappelé qu'au cours des dernières années, l'économie américaine a été durement frappée par la crise financière ainsi que la récession qui a suivi.

«Plusieurs devises se sont appréciées par rapport au dollar américain dans ce contexte, a affirmé celui qui dirige la banque centrale canadienne. Alors que nous recevons des nouvelles qui indiquent que l'économie des États-Unis s'améliore, je m'attendais à un certain effet de levier.»

M. Poloz a également profité de son passage dans la métropole pour livrer un plaidoyer en faveur du maintien des faibles taux d'intérêt afin d'éviter les risques liés à la déflation.

Devant le Cercle canadien de Montréal, il a fait valoir qu'il pourrait encore s'écouler quelques années avant que l'inflation ne revienne près de la cible de deux pour cent qui est considérée comme «sacrée» pour l'économie.

Les propos de M. Poloz laissent croire qu'il serait prêt à réduire les taux dès maintenant s'il n'avait pas peur que cela ne stimule davantage le secteur de l'habitation — qu'il considère déjà en surchauffe — et n'encourage les consommateurs à dépenser encore plus même si le niveau d'endettement des ménages est près d'un sommet.

«En formulant la politique monétaire actuelle, nous mettons en balance ce risque et celui que l’inflation baisse encore davantage en deçà de la cible, a-t-il dit. Cette zone d’équilibre est pertinente puisque nous prévoyons une diminution de ces deux risques au cours des deux prochaines années.»

La politique de la banque centrale, a expliqué M. Poloz, vise à équilibrer les risques liés à la faible inflation et le danger que représente l'effervescence du marché de l'habitation, deux éléments qui pourraient avoir des répercussions dommageables pour l'économie.

Selon M. Poloz, à son niveau actuel d'un pour cent, le taux directeur constitue une réponse appropriée à la situation pour le moment.

Rompant avec les habitudes de son prédécesseur Mark Carney, M. Poloz a choisi en octobre de ne plus laisser entendre que la prochaine modification au taux d'intérêt directeur de la banque centrale serait nécessairement une hausse, ce qui lui laisse plus de latitude pour éventuellement annoncer une baisse s'il devait juger cela nécessaire.

«L'histoire nous montre que la déflation survient habituellement à la suite d'une crise financière, a-t-il déclaré dans son discours. La leçon la plus importante tirée de la crise est peut-être que la stabilité du système financier est cruciale pour maintenir l'inflation à un niveau bas.»

M. Poloz a affirmé que la politique monétaire de l'institution qu'il dirige a jusqu'ici permis de bien gérer les risques liés à la déflation.

«Je suis confiant que nous avons bien fait», a-t-il dit.

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