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12/12/2013 03:26 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Le Japon réunit samedi les pays de l'Asean, opération de charme face à Pékin

Le Japon accueille ce week-end les dirigeants de dix pays du sud-est asiatique pour resserrer les liens avec eux face à une Chine dont la montée en puissance et les appétits maritimes inquiètent la région.

Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2012, le Premier ministre japonais Shinzo Abe n'a eu de cesse que de courtiser les pays de l'Asean (Association des nations d'Asie du sud-est), s'appuyant notamment sur le fait que plusieurs de ces pays ont comme le Japon des différends territoriaux avec Pékin qui entend contrôler la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. C'est notamment le cas des Philippines, de Bruneï, de la Malaisie et du Vietnam.

M. Abe a d'ailleurs effectué en un an la tournée de tous les pays membres de l'Asean: Birmanie, Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam.

Dans cette opération de charme japonaise, Tokyo a également débloqué dernièrement 30 millions de dollars d'aide d'urgence pour secourir les Philippines après le passage meurtrier du cyclone Haiyan (sur un total de 53 millions d'aide à ce pays), et envoyé un millier de soldats pour participer aux opérations de secours. Dans le même temps, Pékin avait annoncé initialement une aide immédiate de 100.000 dollars, avant d'ajouter 1,6 million devant l'avalanche de commentaires désobligeants.

Sur le papier, le sommet qui s'ouvre samedi vise à célébrer 40 ans de relations entre l'Asean et le Japon, mais il intervient à un moment de tensions régionales particulières, surtout entre Pékin et Tokyo.

Leurs relations sont à l'étiage depuis plus d'un an, à cause d'un petit archipel inhabité en mer de Chine orientale: les Senkaku sont administrées par Tokyo mais Pékin les revendique sous le nom de Diaoyu.

Les deux capitales ne sont prêtes à aucune concession sur ces îles situées à 200 km au nord-est de Taïwan et 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon).

Fin novembre, Pékin a franchi un nouveau palier en décrétant une "zone d'identification aérienne" (ZAI) au dessus de la mer Chine orientale qui chevauche celle du Japon et surtout englobe les îles Senkaku.

Techniquement, Pékin exige de tout appareil étranger qui la traverse de communiquer son plan de vol et de s'identifier.

Outre le Japon, la Corée du Sud et Taïwan ont prévenu qu'elles n'entendaient pas obtempérer, et ont effectué des vols militaires dans la zone sans en informer les Chinois au préalable.

Washington a pour sa part adressé un signal très clair à Pékin en envoyant deux bombardiers B-52 non armés traverser la zone.

En mars dernier, le Japon avait déjà réuni à Tokyo tous les pays de l'Asean pour les convaincre de faire cause commune face aux revendications chinoises en mer de Chine méridionale et orientale.

A l'issue de la réunion de samedi, le Japon et l'Asean devraient publier une déclaration explicitant leur coopération à long terme en matière de sécurité et d'économie, selon l'agence de presse Jiji.

L'une des grands absentes de la réunion sera la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, actuellement aux prises avec un puissant mouvement de protestation dans son pays.

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