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12/12/2013 02:43 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Grèce : un projet de loi controversé déposé au Parlement

Le gouvernement grec a déposé jeudi soir au parlement un projet de loi controversé visant à augmenter les impôts sur l'immobilier et introduisant "pour la première fois" une imposition des terres agricoles, a-t-on appris auprès du ministère des Finances.

"Afin de maintenir la stabilité des finances publiques du pays et d'assurer les recettes publiques, ce projet de loi prévoit une taxe foncière unique pour tous les biens immobiliers", a indiqué le ministère.

L'objectif du texte est d'harmoniser les différentes taxes sur l'immobilier mises en place ces dernières années pour faire face à la crise de la dette qui frappe la Grèce depuis 2010.

"Pour la première fois, les terres agricoles sont imposées", elles étaient jusqu'alors épargnées, a indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un haut responsable du ministère.

Discuté depuis plusieurs mois en raison des critiques et des réactions provoquées au sein même du gouvernement de coalition droite-socialistes, ce projet de loi "a eu l'approbation des représentants de la troïka des créanciers (UE, BCE et FMI)", a précisé ce responsable.

La troïka est actuellement à Athènes pour évaluer l'état d'avancement des réformes en vue du déblocage d'une tranche d'un milliard d'euros de prêts internationaux.

Outre la taxe principale sur l'immobilier, le projet de loi prévoit aussi une taxe supplémentaire pour les propriétaires de biens immobiliers d'une valeur totale de plus de 300.000 euros.

Les armateurs sont également visés dans ce projet. Une taxe extraordinaire introduite l'année dernière sera prorogée pour trois ans, jusqu'à 2016, l'Etat espérant de cette façon percevoir "de 90 à 100 millions d'euros par an", précise le texte.

Des exemptions ou des réductions de la taxe foncière sont prévues pour les bas revenus ainsi que pour les habitants de petites îles.

L'opposition et les syndicats ont dénoncé "la surimposition" de l'immobilier dans un pays où plus de 70% des gens sont propriétaires, l'un des pourcentages les plus élevés d'Europe. Considéré comme une garantie sociale face aux défaillances de l'État providence, l'investissement dans l'immobilier était une tradition en Grèce.

Des experts craignent que cette "surimposition", dictée par la troïka, ne porte un coup supplémentaire au marché de l'immobilier sur lequel les prix ont dégringolé de plus de 30% depuis 2010.

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