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12/12/2013 10:30 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Fraude bancaire en Islande: jusqu'à 5 ans de prison pour d'anciens dirigeants

Trois anciens dirigeants d'une banque islandaise qui a fait faillite, Kaupthing, ont été condamnés jeudi à Reykjavik pour fraude à des peines allant de trois ans et demi à cinq ans et demi de prison.

Les trois hommes étaient jugés pour avoir caché qu'un investisseur qatari qui avait acheté 5,1% de la banque en pleine crise financière, en 2008, l'avait fait avec des sommes prêtées par elle.

L'ancien directeur général, Hreidar Mar Sigurdsson, a écopé de cinq ans et demi, et l'ancien président, Sigurdur Einarsson, de cinq ans. L'ancien directeur de la filiale luxembourgeoise, Magnus Gumundsson, qui avait joué un rôle-clé dans ce prêt, a été condamné à trois ans et demi de prison.

Par ailleurs, une peine de trois ans de prison a été prononcée contre un actionnaire important, Olafur Olafsson, qui avait donné son assentiment.

Ils ont été reconnus coupables d'avoir enfreint leurs obligations de transparence et d'avoir manipulé le marché boursier.

Fin septembre 2008, à une époque où le système bancaire islandais était en pleine déliquescence, l'arrivée de cet investisseur qatari, Mohammed bin Khalifa al-Thani, avait été saluée par Kaupthing comme un signe de solidité évident.

Kaupthing, la plus grande banque du pays, avait fait faillite dès le mois suivant, emporté avec ses consoeurs par la panique qu'avait déclenché la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers.

M. al-Thani, menacé de poursuites judiciaires par les liquidateurs de Kaupthing pour n'avoir jamais remboursé l'emprunt, a réglé l'affaire par un accord confidentiel en février 2013.

Le secteur bancaire islandais avait atteint en 2008 une taille démesurée par rapport à l'économie de l'île, grâce à des acquisitions et un endettement incontrôlés. Et quand il s'était effondré soudainement, Reykjavik n'a eu d'autre choix que de solliciter un prêt du Fonds monétaire international, le premier pour un pays d'Europe de l'Ouest depuis plus de 20 ans.

L'Islande a ensuite souhaité traduire devant ses tribunaux les responsables de ces faillites spectaculaires.

L'ex-Premier ministre islandais Geir Haarde avait comparu en 2012 devant la Cour de la République, qui l'avait dispensé de peine, le reconnaissant seulement coupable de ne pas avoir convoqué de conseil des ministres à temps.

Les médias islandais affirmaient en début d'année que la Justice enquêtait sur diverses manipulations au sein de l'ancienne deuxième banque islandaise, Landsbanki. Personne n'a été inculpé dans ce dossier.

Le secteur bancaire islandais est aujourd'hui écartelé entre des établissements neufs, qui se cantonnent à des activités classiques sur le territoire national, et des fonds chargés de gérer ce qui reste des anciennes banques d'investissement ayant fait faillite, dont des investisseurs étrangers ont racheté la dette à bas prix dans l'espoir d'en tirer le maximum.

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