NOUVELLES
12/12/2013 10:40 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: MSF appelle l'ONU à une réponse "solide et concrète à la hauteur des besoins"

Médecins sans frontières (RSF) appelle à un changement "radical et urgent" de la réponse humanitaire" de l'ONU en Centrafrique, qui devra être "solide et concrète à "la hauteur des besoins actuels" dans ce pays livré au chaos.

Cet appel est lancé alors que les témoignages d'ONG se multiplient sur la dégradation de la situation humanitaire, en particulier dans le nord-ouest du pays.

"Les agences humanitaires onusiennes viennent de décider de mobiliser davantage de moyens et de ressources pour répondre à la crise humanitaire en Centrafrique (...). Cette décision arrive très tard", a regretté MSF dans une lettre ouverte à la secrétaire générale adjointe de l'ONU chargée des affaires humanitaires Valérie Amos.

"Beaucoup aurait dû être déjà fait au regard de la dégradation de la situation humanitaire depuis plusieurs mois", a-t-elle ajouté.

"Cette décision tardive doit maintenant être suivie d'effet et initier un changement radical et immédiat dans la façon dont les agences humanitaires onusiennes ont jusqu'à présent répondu à la crise. Malgré ses efforts importants, MSF - et les rares ONG présentes - ne peuvent pas couvrir tous les besoins", a souligné MSF.

"Les agences des Nations unies doivent maintenant apporter une réponse solide et concrète à la hauteur des besoins", a jugé Bart Janssens, directeur des opérations à MSF.

Dans la capitale Bangui, qui compte environ un million d'habitants, il y a plus de 100.000 déplacés, selon des agences de l'ONU.

Mais la situation est aussi très grave à l'intérieur du pays, comme à Bossangoa (nord-ouest).

"Spontanément et par vagues, depuis deux mois, 40.000 chrétiens de Bossangoa et des villages alentours se sont rassemblés autour de l'archevêché de la ville, entassés sur seulement 4 hectares", explique Action contre la faim (ACF) dans un communiqué.

"Plus loin dans la ville, les familles musulmanes affluent vers le site de l'école Liberté depuis six jours. Avant le pic de violence du 5 décembre, ils étaient 1.600", compare l'organisation non gouvernementale.

"On ne reconnait plus le camp Liberté", s'alarme Alexis Ottenwalter, un responsable d'ACF à Bossangoa. "Il y a deux semaines encore, nos équipes y travaillaient: c'était un camp +facile+ avec assez peu d'activités. Aujourd'hui, après les combats qui ont fait rage et l'afflux massif de population, il y a beaucoup trop de pression sur un si petit espace."

Ce camp ne comporte qu'un point d'eau et ACF tâche de gérer les déchets, les eaux usées et de construire des latrines "afin d'éviter l'émergence d'épidémies et offrir des conditions d'hygiène décentes".

"Pour le moment, il n'est pas question pour les familles, traumatisées, de rentrer chez elles", décrit l'ONG. Le calme "revient peu à peu à Bossangoa", note cependant ACF, qui avait dû interrompre ses activités pendant trois jours à cause de tirs à l'arme lourde.

Médecins sans frontières (MSF) évoque pour sa part "30.000 personnes réfugiées auprès de la mission catholique" à Bossangoa. L'ONG explique avoir pris en charge "des dizaines de blessés" lors des récents événements et continuer à "creuser des latrines et assurer un accès à l'eau potable".

"Les agences onusiennes ont cessé toute activité de distribution de nourriture pendant quatre jours", déplore-t-elle.

pau/fff/bma/thm/sba

PLUS:hp