NOUVELLES
10/12/2013 08:59 EST | Actualisé 11/12/2013 04:08 EST

Ukraine: la police échoue à déloger les manifestants, qui crient victoire (VIDÉO)

Les forces anti-émeute ukrainiennes ont dû renoncer mercredi à déloger du centre de Kiev des milliers de manifestants d'opposition, qui ont crié victoire et reçu le soutien d'une représentante de la diplomatie américaine.

Le premier ministre Mykola Azarov, qui réunissait au même moment un Conseil des ministres, a de son côté affirmé que les opérations policières n'avaient en fait été destinées qu'au "déblaiement des voies publiques enneigées".

Il a assuré que l'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière proposée par Moscou n'était pas d'actualité, et à affirmé en revanche que Kiev était prêt à signer un accord d'association avec l'Union européenne, moyennant cependant une aide de 20 milliards d'euros en investissements.

"Le pouvoir a peur des Ukrainiens!"

Sur la place de l'Indépendance, abandonnée par les milliers d'hommes des forces anti-émeute qui avaient tenté de la reprendre aux manifestants dans la nuit, l'opposition a crié victoire.

"C'est ici que se fait le destin de l'Ukraine!", a lancé depuis la scène installée sur la place, parmi les tentes et les barricades, un des leaders de l'opposition, Arseni Iatseniouk.

"Nous l'avons fait!", a lancé le leader nationaliste Oleg Tiagnybok.

"Le pouvoir a peur des Ukrainiens!", a lancé le leader du parti Udar, le boxeur Vitali Klitschko.

Sur la place de l'Indépendance, les manifestants ont reçu la visite de la secrétaire d'Etat adjointe américaine Victoria Nuland, arrivée à Kiev la veille pour une tentative de médiation après être allée à Moscou.

Elle a ainsi succédé au chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, également arrivée à Kiev mardi et qui s'était rendue sur la place le jour même après des entretiens avec le président Viktor Ianoukovitch. Mme Nuland devrait également rencontrer M. Ianoukovitch mercredi.

L'UE et les Etats-Unis ont réagi vivement mercredi matin à la tentative des forces de l'ordre ukrainiennes de repousser les manifestants de la place de l'Indépendance, qu'ils occupent depuis plus de deux semaines et où ont eu lieu des rassemblements de centaines de milliers de personnes.

Les Etats-Unis ont fait part de leur "dégoût" et l'Union européenne de sa "tristesse", après que plusieurs milliers d'hommes des forces anti-émeute eurent entrepris vers 2H00 du matin de repousser les manifestants et de démanteler les barricades.

Les policiers, qui avaient d'abord réussi à reprendre le contrôle d'un tiers environ de la place, ont été ensuite bloqués par l'afflux de milliers de manifestants.

Malgré des échauffourées qui ont fait quelques blessés de part et d'autre, ils ont agi de manière relativement calme, faisant usage de leur bouclier pour repousser la foule.

Onze manifestants ont été interpellés, selon l'opposition.

Les policiers doivent repartir

Un peu plus tard, en début de matinée, les forces de l'ordre ont tenté également de reprendre aux manifestants la mairie de Kiev, non loin de la place de l'Indépendance, que l'opposition occupe et dont elle a fait son QG depuis dimanche.

Les policiers, faisant usage de leurs matraques, ont cependant dû repartir là aussi, après avoir été aspergés avec une lance à incendie par moins dix degrés environ, et face à une foule hostile.

Arseni Iatseniouk, un responsable du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, a promis au pouvoir des "millions" de manifestants dans les rues si les forces de l'ordre poursuivaient leurs assauts.

Cette vague de contestation est née de la décision, fin novembre, du pouvoir ukrainien de renoncer à un accord d'association en préparation depuis plusieurs années avec l'UE, pour se tourner vers la Russie.

Moscou avait menacé de mesures de rétorsion et fait miroiter des milliards de dollars à l'Ukraine, ancienne république soviétique de 46 millions d'habitants, en profonde crise économique et financière.

L'opposition accuse M. Ianoukovitch de préparer en secret l'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière établie par Moscou avec d'anciennes républiques soviétiques.

Le premier ministre Mykola Azarov a affirmé mercredi que cette question n'était pas à l'ordre du jour d'une rencontre entre les présidents russe et ukrainien prévue le 17 décembre à Moscou.

M. Azarov a répété que l'Ukraine n'avait pas signé l'accord d'association avec l'UE pour des raisons exclusivement économiques et annoncé que Kiev était prêt à signer en échange de 20 milliards d'euros d'aide européenne.

Manifestation violente à Kiev en Ukraine le 1er décembre 2013

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.