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Sans le partage des revenus, point de salut pour les petits marchés dans la LNH

11/12/2013 09:18 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

PEBBLE BEACH, États-Unis - La création d'un plafond salarial dans la LNH avait pour objectif de créer un équilibre entre les formations.

Autrement dit, il avait pour but d'aider les équipes des petits marchés à nager dans les mêmes eaux que les équipes à gros revenus. Limiter les dépenses avec l'espoir que la parité garde les choses intéressantes.

Mais qu'est-ce qui se produit quand le plafond salarial augmente tellement que les Panthers de la Floride et les Predators de Nashville du circuit n'arrivent plus à suivre? On prévoit déjà une augmentation du plafond à 71 millions $ US la saison prochaine — et un plancher autour de 52 ou 53 millions $. De plus, le nouveau contrat de droits télévisuels au Canada pourrait mener à une augmentation considérable du plafond salarial au cours des prochaines années.

Les deux derniers arrêts de travail dans la LNH visaient de niveler tout ça mais dans un avenir rapproché, les équipes évoluant dans des petits marchés auront un beau défi avec un plafond salarial qui pourrait rapidement dépasser les 80 millions $.

«Nous devons suivre tout le monde, a déclaré le directeur général des Predators David Poile. Il y a beaucoup de facteurs à considérer dans tout ça. Il y a le partage des revenus pour les équipes comme la nôtre et pour nous, ça fonctionne.»

Le partage des revenus devrait aider, tout comme une nouvelle technique afin de calculer le plafond et le plancher salarial: déterminer un point médian et aller 15 pour cent plus haut et 15 pour cent plus bas. En théorie, cela devrait limiter la disparité entre les équipes.

Cependant, si le contrat de 5,2 milliards $ CAN pour 12 ans avec Rogers augmente autant les revenus qu'il le devrait et que la LNH continue de se développer, le plancher pourrait bientôt être à un niveau plus élevé qu'où se trouvait le plafond avant le dernier lock-out de la LNH. C'est une situation complexe pour les équipes avec un budget fixe.

«Je ne pense pas que quiconque soit contre le fait de payer pour son succès, a noté le d.g. des Devils Lou Lamoriello. Mais vous devez d'abord être en mesure de payer.»

Poile a bien raison de pointer du côté du partage des revenus pour les équipes qui ne se remplissent pas les poches comme les Maple Leafs de Toronto et le Canadien de Montréal, mais son homologue chez les Stars de Dallas, Jim Nill, a tout de même certaines réserves.

«Chaque entreprise, chaque équipe doit évaluer son modèle d'entreprise et voir où cela cadre, où cadre le partage des revenus. Comment ça se situe dans votre schéma? C'est aussi quelque chose de nouveau, a rappelé Nill. Ils ont modifié ça dans la nouvelle convention collective. Nous allons devoir analyser tout ça et aller de l'avant ensuite.»

Poile a qualifié le partage des revenus de «quelque chose de nécessaire», un quelque chose que les Predators apprécient en tant qu'équipe dans un petit marché.

«Si le plafond monte comme on le prévoit, alors c'est envisageable que le partage des revenus augmente aussi, a expliqué Poile. La formule fonctionne.»

Selon CapGeek, il n'y a que les Panthers qui ont une masse salariale inférieure à ce que devrait être le plancher la saison prochaine. Mais on peut bien se demander de quoi aura l'air la situation de l'équipe dans deux, trois ou quatre ans.

Il est impossible de savoir si le partage des revenus va suivre la cadence imposée par l'augmentation du plafond et du plancher salarial.

«Comment voulez-vous que je réponde à ca? a dit Poile. Je ne peux pas vous dire quel sera le ratio... C'est trop loin dans l'avenir.»

À l'instar de toute occasion de modifier le système, d'ailleurs. C'est une bonne chose pour les joueurs, qui ultimement profiteront à long terme de la nouvelle convention collective.

Cependant, le fait que les salaires augmentent est un signe que les propriétaires font aussi plus d'argent. Et un peu de stabilité n'est pas une mauvaise nouvelle.

«Nous adorons le fait que nous puissions compter sur une fondation solide et nous avons réellement une occasion de faire rayonner le hockey encore plus, a déclaré le commissaire Gary Bettman. Je crois que l'avenir du hockey n'a jamais été aussi prometteur. Tout le monde dans la salle est enthousiaste là-dessus.»

C'est même le cas de ceux qui pourraient voir leurs chances de rester compétitifs diminuer alors que les Maple Leafs, les Rangers de New York et les Flyers de Philadelphie de la LNH pourront dépenser de plus en plus.

«En bout de ligne, nos revenus augmentent, donc tout est relatif, a déclaré le d.g. des Hurricanes de la Caroline Jim Rutherford. Au fil des années, quand vos dépenses sont collées au plafond, vous avez un avantage. Mais ce n'est pas nécessairement toujours le cas.»

Rutherford a indiqué qu'au fur et à mesure que les Hurricanes recevront plus de revenus de la LNH, ils auront «une responsabilité en tant qu'équipe» d'en générer plus. Si c'est effectivement le cas, la LNH connaîtra un essor encore plus important.

Présentement, l'avenir semble donc plutôt rose.

«Si le plafond augmente, ça signifie que les revenus augmentent et que la tarte est encore plus grosse, a imagé le directeur général des Blues de St. Louis Doug Armstrong. Je crois que c'est quelque chose qui nous emballe tous.»

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