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Quatre centres d'injection supervisée à Montréal

11/12/2013 02:47 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

Montréal accueillera bientôt quatre centres d'injection supervisée pour les utilisateurs de drogues. Ces services se traduiront par des coûts récurrents de 2,7 millions de dollars, mais le système de santé en sortira gagnant, assure la Direction de la santé publique.

Il faudra aussi allouer 3,2 millions de dollars pour lancer le service, procéder à l'achat d'équipement et aménager les sites désignés.

Le directeur de la santé publique de Montréal, Richard Massé, soutient que tout aussi coûteuse que puisse paraître l'aventure, la qualité de vie des citoyens qui vivent à proximité de ces sites, tout comme celle des utilisateurs de drogues injectables, en sera améliorée.

Le Dr Massé affirme que si l'on tient compte des complications associées à l'injection, comme l'hépatite C, le VIH ou les risques de surdose, sans compter les risques de contamination associés aux seringues souillées laissées dans l'environnement, les coûts sociaux épargnés surpassent les coûts du service d'injection supervisée.

« On gagne davantage avec ces services qu'en laissant les gens avec leurs problèmes de santé, sans compter les coûts sociaux pour la population qui vit à proximité », a indiqué le Dr Massé.

Il avance même que selon une étude commandée par la Santé publique, après quatre ans, ces services seront rentables.

Ces centres d'injections étaient attendus depuis déjà quelques années. L'idée n'est pas nouvelle et déjà un autre centre du même genre existe au Canada, à Vancouver.

Le réseau de santé montréalais s'appuiera sur des organismes communautaires qui oeuvrent déjà avec les clientèles ciblées. Trois centres permanents avec un service d'accueil et une salle d'injection supervisée par une infirmière seront aménagés. Un autre centre, mobile cette fois, sera lancé pour tenter de rejoindre les gens là où ils sont.

Le Dr Massé assure que les injections ne seront pas données par le personnel médical et qu'aucune drogue ne sera évidemment fournie sur place. Les ressources agiront en assistance, mais aussi en dépistage, pour réagir rapidement en cas de surdose ou de complication. Une salle de repos sera aménagée, de sorte que si quelque chose devait survenir, ces personnes utilisatrices seraient prises en charge.

La santé publique ajoute qu'il ne s'agira pas d'une chasse aux sorcières, mais elle n'exclut pas que certains utilisateurs de drogues injectables qui fréquenteront ces sites puissent éventuellement recevoir des services de santé ou de désintoxication lorsqu'ils seront prêts à faire ce pas.

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