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11/12/2013 07:50 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Post-Mandela: les relations du Canada avec l'Afrique du Sud sont en déclin

OTTAWA - Alors que les Canadiens ont passé la semaine à souligner les liens tissés serrés entre leur pays et le regretté Nelson Mandela, les célébrations ont dissimulé la réalité perçue par plusieurs d'un déclin constant des relations avec l'Afrique du Sud.

L'état actuel des relations entre le Canada et l'Afrique du Sud assombrit le beau portrait brossé depuis le décès de l'ex-président Nelson Mandela la semaine dernière — particulièrement la contribution de l'ancien premier ministre Brian Mulroney aux efforts pour la libération de Mandela, et l'aide au développement considérable accordée par le Canada à son gouvernement post-apartheid.

Ce déclin a commencé après que Nelson Mandela eut quitté la présidence sud-africaine en 1999, et a été marqué par un éloignement diplomatique global du Canada face au continent africain, et plus particulièrement par une restriction de visas irritante pour les voyageurs sud-africains au Canada, soutiennent des analystes.

«Le meilleure façon de qualifier la présente relation Canada-Afrique du Sud est de la dire ambivalente et distante», a affirmé David J. Hornsby, de l'Université de Witwatersrand à Johannesburg, dans l'essai publié en 2013 «Canada Among Nations», un document conjoint de l'Université Carleton à Ottawa et du Centre for International Governance Innovation de Waterloo, en Ontario.

En entrevue, mercredi, M. Hornsby a affirmé que le Canada se devait de relancer son engagement politique avec l'Afrique du Sud car le pays peut être un «partenaire stratégique» pour aider à l'atteinte des objectifs du Canada d'accroître le commerce sur le continent et de s'impliquer politiquement dans des institutions telles que l'Union africaine.

Il a soutenu que le désengagement politique général du Canada envers l'Afrique «lui a coûté beaucoup en termes de sa capacité d'influencer ou de maintenir sa pertinence auprès des leaders africains».

Lors d'une conférence pour lancer «Canada Among Nations», l'été dernier, à Ottawa, le haut-commissaire de l'Afrique du Sud pour le Canada, Membathisi Mdladlana, a déploré fortement l'ordonnance persistante de visas pour les voyageurs sud-africains.

La politique du Canada sur les visiteurs de l'Afrique du Sud a été un point sensible avec Johannesburg car certains anciens membres du Congrès national africain (ANC) ont peiné à obtenir des visas. Durant l'époque où Mandela combattait vigoureusement l'apartheid, plusieurs adhérents à l'ANC ont été emprisonnés, devant traîner des dossiers criminels.

La question des visas a été soulevée aussi récemment qu'en octobre par un haut responsable du ministère sud-africain des Relations internationales lors de consultations entre les deux pays à Ottawa.

M. Mdladlana a fait valoir que le Canada avait échoué à obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies en 2010, disant que le pays avait démontré «une approche combative et abrasive aux Nations unies».

Ces commentaires ajoutent à l'hypothèse selon laquelle le Canada a échoué en partie parce qu'il a perdu l'appui du bloc des 54 pays africains dans le vote secret à l'ONU.

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