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11/12/2013 08:11 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Mexique: les députés planchent la réforme énergétique

Les députés mexicains ont commencé mercredi soir l'examen en séance plénière du projet de réforme énergétique avec plusieurs heures de retard en raison du blocage des entrées de la salle principale par une vingtaine de députés de gauche.

Adopté en première lecture par le Sénat mercredi matin, ce projet de réforme constitutionnelle, vivement contesté par la gauche, vise à mettre fin à 75 ans de monopole d'État sur les ressources énergétiques du Mexique en les ouvrant aux investissements privés.

Il a été transmis le jour même à la Chambre des députés pour examen, le gouvernement souhaitant une adoption définitive avant le 15 décembre.

Mais en début d'après-midi, une vingtaine de députés de gauche ont bloqué les entrées de la salle plénière à l'aide de mobilier et de chaînes obligeant les députés à se réunir dans une salle annexe.

Occupant la tribune, les députés de gauche ont déployé sur toute sa longueur, une banderole portant l'inscription "Vouloir livrer les ressources naturelles à des étrangers est trahir la patrie. Traîtres!", et scandé des slogans hostiles au gouvernement du président Enrique Pena Nieto.

La présidence de la Chambre des députés a alors décidé de réunir la séance plénière dans un auditorium voisin, à l'intérieur des mêmes bâtiments.

C'est là que les députés ont commencé à examiner en début de soirée le projet adopté par 95 voix contre 28 par le Sénat de réforme constitutionnel. Il prévoit notamment que Pemex, l'entreprise pétrolière de l'État mexicain, pourra passer des contrats avec des investisseurs privés, nationaux ou étrangers, ou leur accorder des licences d'exploitation ou d'extraction.

Ce projet est le fruit d'un accord entre le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Pena Nieto et du Parti action national (PAN, droite).

Ces partis assurent que la compagnie pétrolière Pemex, qui fournit le tiers des ressources fiscales de l'Etat, a besoin de compétences extérieures pour faire face à une chute marquée de sa production.

Celle-ci est passée de 3,4 millions de barils par jour en 2004 à 2,5 millions actuellement.

Pour le PAN et le PRI, le Mexique ne dispose pas à lui seul des compétences ou du savoir-faire suffisant pour rechercher de nouvelles sources: eaux profondes, champs pétroliers non conventionnels, gaz de schiste.

Pour les partis de gauche au contraire, ce projet est une "privatisation" des ressources énergétiques du Mexique, une "trahison" et une soumission aux compagnies pétrolières étrangères.

bur/jcb/abl

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