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11/12/2013 08:19 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Les chefs religieux centrafricains tentent de réconcilier chrétiens et musulmans

Les dignitaires religieux de République centrafricaine se sont efforcés mercredi d'œuvrer à la réconciliation entre chrétiens et musulmans à l'occasion d'une accalmie dans la capitale, Bangui, après la mort d'un demi-millier de personnes dans des affrontements à caractère confessionnel.

Ensemble, représentants chrétiens et musulmans ont distribué de la nourriture à plus de 10 000 déplacés ayant cherché refuge dans un centre d'accueil pour échapper aux violences, meurtres, pillages et lynchages dont Bangui a été le théâtre depuis jeudi.

« Nous sommes ici parce que nous sommes avant tout des frères », a dit l'imam Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique de la République centrafricaine, à la foule de chrétiens.

« Aujourd'hui, nous écoutons la jeunesse pour entendre ce qu'elle propose, car notre maison est en train de brûler et nous devons essayer d'éteindre l'incendie », a-t-il ajouté.

Signe de la méfiance persistante entre les communautés, de nombreuses personnes ont refusé de prendre la nourriture en présence d'Oumar Kobine Layama.

« Depuis que nous sommes ici, les musulmans ne nous ont rien donné », dit Missili Ndiaye, de la communauté chrétienne. « On ne sait pas ce qu'ils ont mis à l'intérieur, c'est peut-être empoisonné. »

Des taxis circulent à nouveau

Face au déchaînement de violence, la France a envoyé des renforts militaires en République centrafricaine et elle a entrepris de désarmer les milices chrétiennes « anti-balaka » et musulmanes, issues en partie de l'ex-rébellion de la Séléka qui a chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars.

L'organisation Médecins sans frontières dit avoir reçu 12 nouveaux patients mercredi à Bangui, contre 72 la veille.

Profitant de l'accalmie, des commerçants ont rouvert leurs boutiques et des taxis se sont remis à circuler dans Bangui, toujours survolée par des hélicoptères et des avions de chasse français.

Dans certains quartiers de la capitale, des travailleurs humanitaires et des habitants ont creusé des fosses communes et s'apprêtent à enterrer les morts des derniers jours.

Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme, rapporte qu'une fosse pouvant accueillir 100 corps est déjà prête dans le sud de Bangui. Musulmans et chrétiens seront inhumés séparément, a précisé la Croix-Rouge.

« Nous tentons maintenant de réconcilier les gens et de redonner le moral », a dit Joseph Bindoumi.

Dans le quartier PK5, des habitants peinent toutefois à contenir leur colère après une attaque contre une mosquée en début de semaine.

« Elle est complètement détruite [...] S'ils [les chrétiens] ne veulent pas de nous, alors on devrait peut-être tout simplement diviser le pays : ils prennent un côté, nous prenons l'autre », lance un habitant, Aboubacar Amadjoda.

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