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La Cour suprême indienne maintient une loi antihomosexualité

11/12/2013 12:02 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

NEW DELHI - La Cour suprême indienne a aboli mercredi une décision rendue en 2009 par un tribunal inférieur et qui décriminalisait l'homosexualité, assénant un dur coup aux militants qui réclament depuis des années le droit de vivre ouvertement leur sexualité dans une société profondément conservatrice.

Les juges ont estimé que seuls les parlementaires, et non les tribunaux, ont le pouvoir de modifier une loi datant de l'époque coloniale et qui fait un crime de l'homosexualité.

Des militants gais et leurs avocats ont promis de continuer à réclamer l'abolition de cette loi, qui selon eux encourage la discrimination même si elle n'est que rarement invoquée par les procureurs.

La Fondation NAZ, qui défend les droits des homosexuels, compte demander un examen de la décision de la Cour suprême.

La loi adoptée en 1860, à l'époque du règne colonial britannique, prévoit une peine de 10 ans de prison pour quiconque participe à une relation homosexuelle.

Lors d'une décision rendue en 2009, le Haut tribunal de New Delhi avait provoqué la fureur des groupes conservateurs et religieux en statuant que cette loi contrevient aux droits humains les plus fondamentaux. Ces groupes estiment que l'homosexualité menace la société indienne traditionnelle.

Ces groupes avaient formé une rare alliance pour faire valoir que l'homosexualité n'est pas naturelle et que l'Inde devait conserver la loi.

La société indienne semble toutefois évoluer lentement. D'importantes parades de la fierté gaie ont été organisées au cours des dernières années dans des grandes villes comme New Delhi et Mumbaï, tandis que le gouvernement a ajouté, en 2012, une catégorie «troisième sexe» au recensement national.

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