DIVERTISSEMENT

Dany Laferrière à l'Académie française?

11/12/2013 11:44 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST
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Haitian author Dany Laferriere gives a speech during the opening of the America literature festival at the Vincennes Castle, outside Paris, on September 24, 2010. The event taking place every two years host some 60 authors coming from Canada, USA, West Indies, Cuba, Mexico and Haiti for two days. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS (Photo credit should read BERTRAND LANGLOIS/AFP/Getty Images)

Dany Laferrière saura jeudi s'il sera membre de l'Académie française. S'il est nommé, il sera le premier Québécois et le premier Haïtien à siéger sous la coupole. Regard sur les coulisses d'une vénérable institution en quête de modernité.

Fondée par le cardinal Richelieu il y a 378 ans, l'Académie française est composée de 40 membres, les « immortels » élus à vie par leurs pairs.

Leur mission : surveiller la langue française et concevoir le dictionnaire de référence, qui en est à sa 9e édition. Cette dernière comprend, pour la première fois, des canadianismes. Une prémonition?

Zola recalé une vingtaine de fois

Pour espérer entrer dans ce club très sélect, les candidats doivent attendre qu'un fauteuil se libère à la suite de la mort d'un des membres, puis poser leur candidature et se faire élire. Victor Hugo s'y est pris par cinq fois, Voltaire a échoué trois fois. Quant à Émile Zola, il n'est jamais entré à l'Académie, malgré ses nombreuses tentatives.

Un candidat venu d'ailleurs

Dany Laferrière  et l'Académie française : ce qu'il faut retenir

L'historienne Hélène Carrère d'Encausse, élue en 1990 et secrétaire perpétuelle depuis 1999, occupe le fauteuil numéro 14. Elle est l'une des rares femmes (huit au total) à avoir réussi à pénétrer dans cette forteresse masculine, qui la présente d'ailleurs, sur son site, en tant qu'« historien » et « secrétaire perpétuel ».

Selon elle, si aucune candidature d'un écrivain canadien de langue française n'a été examinée par le passé, c'est d'abord parce qu'aucun candidat canadien ne s'était présenté auparavant. Et c'est aussi en raison d'un vide juridique dans les statuts de l'institution, qui n'incluent aucune condition quant à la nationalité des candidats à l'Académie.

Mais pour elle, « la nationalité, c'est la langue », même si elle n'a pas voulu se prononcer publiquement sur la première candidature québécoise, celle de Dany Laferrière, qu'elle a pourtant personnellement sollicitée.

L'institution n'a accepté sa première femme, Marguerite Yourcenar, qu'en 1980. Quant à la moyenne d'âge de ses membres, elle est de 77 ans. Y faire entrer Dany Laferrière aurait donc des allures de geste historique.

Avec les informations d'Alexandra Szacka