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Rochon: «Le plus difficile est de ne pas pouvoir se battre pour sa place»

10/12/2013 03:47 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le sauteur acrobatique Olivier Rochon souhaitait se servir de la saison 2013-14 pour prouver à tout le monde qu'il était de retour au sommet après une intervention chirurgicale pour une hernie sportive qui l'a empêché de se faire justice l'an dernier. Un bête accident de ski est venu contrecarrer ses plans.

Profitant de l'annulation de la séance d'entraînement du 2 décembre dernier — une trop forte accumulation de neige ayant empêché les sauteurs de se retrouver en piste — Rochon et quelques coéquipiers ont décidé d'enfiler leurs skis pour aller descendre la seule piste ouverte du complexe Apex, en Colombie-Britannique, ensevelie sous la poudreuse.

«Il y avait à peu près un pied et demi de neige quand nous sommes arrivés et il neigeait encore fort, a raconté Rochon, mardi, après avoir consulté le Dr François Marquis, de Québec. Les conditions ne nous permettaient pas de sauter, alors les entraîneurs nous ont dit qu'on pouvait aller faire quelques descentes. Ce n'est pas une piste très difficile et je suis un bon skieur. C'est vrai que je n'avais pas les skis qu'il fallait pour faire de la poudreuse, mais ce n'était pas la première fois que je faisais ça.

«J'ai perdu l'équilibre et dans le mouvement pour me relever alors que j'étais en train de glisser et de tomber, le derrière de mon ski a touché une bosse, que je n'avais évidemment pas vue. Mon genou s'est tordu et j'ai entendu un 'pop'. Tout de suite, j'ai eu mal et il ne s'agissait pas d'une douleur normale. Je me doutais bien que quelque chose n'allait pas.»

Mais Rochon croyait alors à une déchirure du ménisque, ce qui lui aurait coûté quelques semaines, tout au plus. Mais les résultats du test d'imagerie par résonance magnétique passé le lendemain lui ont coupé le souffle: déchirure totale du ligament croisé antérieur. Chirurgie en plus de six mois de convalescence et de rééducation sont maintenant au menu, et Rochon doit mettre une croix sur les Jeux olympiques de Sotchi.

«Ça a été des heures difficiles. Le plus émotif pour moi a été de l'annoncer à mon entourage et ma famille.»

Le choc est d'autant plus grand que Rochon a été exclu de l'équipe canadienne en vue des Jeux de Vancouver, en 2010, à la toute dernière minute, ratant sa qualification par quelques points seulement.

«Le plus difficile, c'est de ne pas pouvoir se battre pour sa place. Au moins, en 2010, j'ai eu la chance de passer par le processus des qualifications. Cette fois, c'est ma blessure qui m'empêche d'y aller. La déception est encore plus grande parce que j'avais de meilleures chances cette fois-ci. C'est un gros deuil à faire. Je vais devoir passer à travers ça de la façon la plus positive possible.»

Pour ce faire, Rochon, vainqueur du globe de cristal de la discipline en 2011-12, pourra compter sur l'appui de sa famille, de l'équipe canadienne et du psychologue sportif Alain Vigneault, avec qui il collabore depuis plusieurs années déjà.

Rochon passera sous le bistouri le 15 janvier. Son plan est d'être de retour pour reprendre l'entraînement sur les rampes d'eau l'été prochain.

«Les premiers deux mois, je ne pourrai pas faire grand-chose: de la physio et tenter de retrouver la mobilité de mon genou. Après cela, à compter du troisième mois, je pourrai entreprendre la rééducation.»

Il retournera à Gatineau, chez ses parents, pour les premières semaines de sa convalescence avant de revenir à Montréal, où il souhaite travailler avec le préparateur physique Scott Livingston. Celui-ci a travaillé avec les skieurs acrobatiques Jennifer Heil, Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury, entre autres.

À la fin du calendrier de la Coupe du monde, Rochon se rendra à Québec pour reprendre l'entraînement avec le préparateur physique de l'équipe nationale, Jonathan Pelletier-Ouellet afin de commencer un autre cycle olympique, qui ne sera probablement pas son dernier.

«En 2022, j'aurai 32 ans. Le dernier champion olympique (le Biélorusse Alexei Grishin) avait presque 31 ans à Vancouver et il y a des athlètes plus vieux sur le circuit. Si ton corps te le permet, tu peux le faire. Je ne pourrai pas le faire indéfiniment, mais au moins encore une dizaine d'années. Et il y a les Championnats du monde l'an prochain. J'y serai», a-t-il conclu.

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