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Pillages et violences ont fait au moins sept morts en Argentine

10/12/2013 02:40 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

BUENOS AIRES, Argentine - Des grèves policières ont semé le chaos à travers les grandes villes argentines mardi, au moment où le pays célébrait 30 ans de démocratie ininterrompue.

Des politiciens de toutes les allégeances ont lancé des appels au calme alors que les pillards s'en donnaient à coeur-joie et que les commerçants affrontaient des foules déchaînées.

Des responsables médicaux et politiques font état d'au moins sept morts au cours de la dernière semaine, depuis que les policiers ont déclenché la grève pour obtenir des hausses salariales.

On compte parmi les victimes un policier qui a été abattu dans la province de Chaco, dans le nord du pays, et un commerçant dont le corps calciné a été retrouvé dans les ruines de son marché de la capitale, Buenos Aires. Les autres victimes seraient des pillards, dont un jeune homme qui a été électrocuté au moment où il volait un électroménager pendant un orage.

Un autre est mort en tombant d'une moto en tentant d'emporter un téléviseur et un troisième est mort des suites d'une bagarre dans un magasin vide.

Des centaines de personnes ont été blessées et des milliers d'établissements endommagés lors de violences éparses qui se poursuivaient mardi dans la plupart des 23 provinces argentines. Dans certaines villes, le transport en commun a été fermé et certains hôpitaux n'acceptaient que les patients les plus gravement atteints, de peur d'être pillés à leur tour.

Les demandes des policiers vont bien au-delà des revendications salariales. Le gouverneur de Buenos Aires, Daniel Scioli, a accepté lundi soir d'annuler les sanctions contre des officiers qui ont enfreint la loi et de les rendre admissibles aux 14 000 promotions promises ce mois-ci. L'entente permet aussi aux policiers qui ont pris leur retraite avec 90 pour cent de leur salaire de revenir au travail, ce qui double essentiellement leur ancien salaire.

La présidente argentine Cristina Fernandez n'a pas encore commenté les violences des dernières semaines.

Le gouvernement a déployé des policiers fédéraux, des agents frontaliers et d'autres forces dans les régions les plus instables où les commerçants ont commencé à s'armer pour se protéger des bandes de pillards.

Les pillages ont commencé la semaine dernière dans la province de Cordoba. Des centaines de commerces ont été endommagés, deux personnes ont perdu la vie et plus d'une centaine d'autres ont été blessées avant que le gouverneur et les grévistes concluent un accord, qui aura pour effet de doubler le salaire mensuel des policiers pour le porter à 12 000 pesos par mois, soit environ 1915 $ US.

Le gouvernement national avait initialement attribué la crise au gouverneur de Cordoba, un rival politique de la présidente Fernandez.

Alors que des policiers de tout le pays réclament des hausses salariales afin de faire face à une inflation de plus de 25 pour cent par année, d'autres employés de l'État observent attentivement le mouvement. Dans la province de Rio Negro, par exemple, le gouverneur a mis fin à une grève des policiers de 21 heures en proposant une augmentation salariale de 8500 pesos, mais les employés de la santé et de l'hygiène publique ont ensuite déclenché leur propre grève, lundi, pour réclamer eux aussi de meilleurs salaires.

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