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Les policiers tentent de démanteler le campement des manifestants à Kiev

10/12/2013 09:39 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

KIEV, Ukraine - Les policiers ont affronté les manifestants et défait leurs tentes installées sur la place principale de la capitale ukrainienne, tôt mercredi (heure locale).

Plusieurs centaines de policiers portant de l'équipement anti-émeute ont défait les barricades érigées à la place Indépendance. Des échauffourées ont éclaté entre eux et des parlementaires de l'opposition arrivés sur les lieux pour défendre le campement.

Plusieurs personnes ont été blessées. Certains policiers ont aidé des manifestants blessés et les ont évacués.

Plusieurs milliers de protestataires ont crié «Honte!» et «On reste debout» et chanté l'hymne national ukrainien. Un pope a lu des prières.

Un manifestant, dévêtu jusqu'à la taille, s'est agenouillé avant de crier: «Arrêtez... nous sommes le peuple».

Un parlementaire s'est couché dans la neige afin d'empêcher un véhicule de la police d'avancer vers le campement.

Kiev est le théâtre de manifestations parfois violentes depuis plus de trois semaines — dont certaines ont attiré des centaines de milliers de personnes —, depuis que le président Viktor Ianoukovitch a renoncé à signer une entente politique et commerciale avec l'Union européenne pour plutôt resserrer les liens entre l'Ukraine et la Russie.

La confrontation entre policiers et manifestants survient alors que la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton et la secrétaire d'État adjointe des États-Unis, Victoria Nuland, se sont rendues à Kiev pour tenter de dénouer l'impasse.

Le président ukrainien a demandé au procureur général du pays de trouver un moyen de libérer certains des manifestants qui ont été arrêtés lors de récentes manifestations, dans l'espoir de soulager un peu les tensions dont souffre le pays. Il a juré que l'Ukraine demeure intéressée à s'intégrer dans l'Europe.

Ses efforts n'ont pas empêché l'opposition de continuer à demander la démission de son gouvernement. Les deux parties demeurent loin d'une entente qui permettrait de dresser un plan pour assurer l'avenir économique du pays.

M. Ianoukovitch a formulé son offre lors d'une rencontre avec trois anciens présidents ukrainiens, mais on ne connaissait pas la réaction de l'opposition. Il a aussi promis de relancer les pourparlers avec l'Union européenne.

Après le discours de M. Ianoukovitch à la télévision, un de ces leaders, Arseni Iatseniouk, a dit aux manifestants occupant la place Indépendance qu'ils ont insisté sur leurs principales revendications. Ils ont déjà exigé que le président renvoie son gouvernement avant l'ouverture de discussions, ou encore qu'il nomme un nouveau qui sera voué à un rapprochement avec l'UE. Ils ont aussi demandé la libération des manifestants détenus et des sanctions contre les policiers ayant battu des manifestations pacifiques

L'offre de M. Ianoukovitch ne touche toutefois que les manifestants qui n'ont pas commis de crime grave ou ceux qui ont des enfants ou une famille.

«De telles personnes seront certainement libérées», a-t-il déclaré lors d'une télédiffusion de la rencontre. Les manifestants qui seront libérés demeureront sous enquête.

Il a ensuite déclaré être prêt à signer l'entente avec l'UE lors d'un sommet au printemps, mais seulement si l'Europe offre de meilleures conditions financières.

«Nous désirons obtenir des conditions qui satisfont l'Ukraine, les producteurs ukrainiens, le peuple ukrainien, a-t-il dit lors de la rencontre avec ses prédécesseurs. Si nous en venons à une entente et que des compromis sont conclus, alors nous signerons.»

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