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Les membres de la délégation canadienne assistent à la cérémonie pour M. Mandela

10/12/2013 10:18 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - La pluie battante n'a pas réussi à assombrir l'hommage rendu à Nelson Mandela, mardi, alors qu'une délégation canadienne assistait à une cérémonie commémorative en l'honneur de l'ancien président sud-africain.

Le groupe canadien était bien au sec, dans la section «VIP» du stade de Soweto où M. Mandela avait fait sa dernière apparition publique, pendant la Coupe du monde de 2010.

La délégation incluait le premier ministre Stephen Harper et son épouse, les anciennes gouverneures générales Adrienne Clarkson et Michaëlle Jean, les anciens premiers ministres canadiens Brian Mulroney, Jean Chrétien, Kim Campbell et Joe Clark, le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, et le haut-commissaire du Canada en Afrique du Sud.

M. Chrétien a souligné que l'exubérance qui régnait mardi rendait ce service commémoratif encore plus singulier. «C'est toute une démonstration de respect parce qu'il avait l'admiration de tous», a-t-il mentionné, ajoutant que c'est son gouvernement qui lui avait accordé la citoyenneté honorifique. «Quand on se rencontrait, il me saluait en disant : 'Bonjour, mon premier ministre!'», a-t-il raconté.

À l'origine, seuls onze membres de la délégation canadienne devaient être admis à l'intérieur du stade. Le cabinet du premier ministre avait été informé que le chef de l'Opposition officielle, Thomas Mulcair, de même que la première ministre de l'Alberta, Alison Redford, trois autres premiers ministres provinciaux et plusieurs députés fédéraux qui avaient fait le voyage de 18 heures pour assister à la cérémonie n'auraient pas de place à l'intérieur du stade.

Les Canadiens ont cependant tous pu entrer au moment où des milliers de personnes se sont engouffrées dans le stade, semant la confusion aux points de contrôle de la sécurité.

Mme Redford a travaillé pour M. Mandela au début des années 1990, alors que l'Afrique du Sud était dans une période de transition. Elle se souvient de lui comme d'un homme exigeant, mais qui avait le sens de l'humour. «C'est vraiment un honneur d'être ici avec les gouverneures générales et tous les anciens premiers ministres», a déclaré Mme Redford.

M. Mulcair semblait tout aussi heureux de pouvoir assister à la cérémonie, qu'il a décrite comme «très émouvante». Il a soutenu que les Sud-Africains s'inspiraient du legs de Nelson Mandela dans leurs efforts continus pour bâtir leur pays.

«Les gens réalisent que Nelson Mandela en a fait énormément, mais on sent aussi qu'ils comprennent que ce n'est pas fini, qu'ils doivent continuer. C'est la raison pour laquelle il importe que le Canada soit représenté ici: pour agir en tant qu'ami, les aider avec notre propre expérience.»

Le chef Shawn Atleo a quant à lui laissé entendre que le Canada aurait avantage à prendre exemple sur l'ancien président sud-africain. «Il a changé le cours de la conversation, la faisant passer du conflit à la réconciliation, de la pauvreté au partage, de l'inégalité à l'égalité. Nous avons nous aussi une commission de la vérité et de la réconciliation qui se tient en ce moment-même, comme cela fut le cas en Afrique du Sud.

«Nous devons nous aussi apporter des changements structurels au Canada», a-t-il soutenu.

L'épouse du premier ministre Harper, Laureen, a semblé particulièrement émue au cours de la cérémonie, s'avançant parfois pour mieux voir.

Avant de se rendre au stade, M. Harper avait partagé un petit-déjeuner informel avec les premiers ministres Tony Abbott et John Key, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Le porte-parole de M. Harper, Carl Vallée, n'a pas précisé la nature de ces discussions.

À Ottawa aussi, la disparition du géant a été soulignée mardi. Le carillon de la tour de la Paix a joué l'air de l'hymne officiel du parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain. La chanson Nkosi Sikelel' iAfrika a été un symbole du mouvement de la lutte contre l'apartheid.

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