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La réforme des écoles autochtones doit passer avant qu'Ottawa discute argent

10/12/2013 05:09 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

OTTAWA - Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, tient à imposer sa réforme du système scolaire dans les réserves avant de parler de financement.

Le ministre assure qu'il consulte suffisamment les Premières Nations pour cette réforme, et la manifestation qui a eu lieu sur la colline, mardi, n'ébranle pas son assurance.

Quelques dizaines de manifestants ont tenté de raviver le mouvement «Idle No More», mardi, en prenant pour cause la réforme des écoles dans les communautés autochtones.

«À moins que nous ne développions (la loi) à nos conditions, ce que nous aurons mènera vers l'extermination et la fin», a lancé le chef Gilbert Whiteduck aux manifestants réunis devant l'édifice du parlement.

«Tu veux dire que tu vois 40 personnes en avant du parlement, puis je fais affaire avec des centaines de milliers de personnes. Donc c'est pas plus impressionnant que ça», a laissé tomber le ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien, à sa sortie de la Chambre des communes.

Son critique dans l'opposition néo-démocrate Roméo Saganash ne croit pas que c'est une question de nombre.

«Le problème c'est que même s'il y avait eu 10 000 personnes sur la colline, il ne les aurait pas écoutées de toute façon, a dit M. Saganash. C'est leur façon de faire avec les Premières Nations, ils ne les écoutent pas. Ils ne respectent pas leurs obligations constitutionnelles de les consulter et de les accommoder aussi sur la base des préoccupations exprimées lors des consultations. C'est leur façon de faire.»

Le ministre a publié un brouillon d'un projet de loi pour réformer le système scolaire. Or, cette ébauche ne fait pas l'affaire des autochtones qui manifestaient mardi. Elle ne plaît pas non plus à l'Assemblée des Premières Nations.

La proposition d'Ottawa permettrait aux différentes communautés de mettre leurs ressources en commun pour créer des entités semblables aux commissions scolaires dans les provinces. Il serait également possible de confier la gestion des écoles à un gouvernement provincial ou à des entreprises privées.

Devant les manifestants, le chef Whiteduck a rappelé que les gouvernements provinciaux «n'ont pas été à la hauteur par le passé et pourraient encore ne pas être à la hauteur».

«On va continuer à travailler avec des gens qui veulent vraiment travailler», a dit le ministre Valcourt.

Mais pas question de travailler sur le financement. Selon le ministre, il est «difficile de parler d'un montant d'argent quand on n'a pas un système en place».

«Ça ne sert à rien, dans le meilleur intérêt des élèves sur réserve, de continuer à garrocher de l'argent à quelque chose qui ne réussit pas», a tranché le ministre.

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