NOUVELLES

La PM thaïlandaise refuse de démissionner avant le scrutin de février

10/12/2013 10:22 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST

BANGKOK - La première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a indiqué mardi qu'elle ne démissionnera pas avant les élections nationales du 2 février.

Mme Yingluck, qui était visiblement émue, avait annoncé la tenue du scrutin la veille. Pour sa part, le leader des manifestants qui réclament son départ a demandé à ses partisans de rester dans les rues et prétendu que son mouvement détient maintenant le pouvoir politique.

Cette affirmation audacieuse — qui n'est appuyée ni par la loi, ni par le contrôle d'institutions publiques — semble néanmoins avoir été prise au sérieux par les manifestants et par certains médias thaïlandais.

Lundi, le mouvement, dont les méthodes et objectifs ont été qualifiés de «fasciste» par un détracteur, a émis ce qu'il a a appelé un «ordre» intimant à Mme Yingluck et à son gouvernement de quitter leurs postes d'ici mardi soir.

Le leader des manifestants, Suthep Thaugsuban, a déclaré mardi soir que son «Comité populaire de réforme démocratique» considérait que le gouvernement était nul et sans effet, et qu'un premier ministre «acceptable au peuple» serait nommé pour combler le vide politique.

Les rues de Bangkok étaient tranquilles mardi, un jour férié national, après des semaines de manifestations parfois violentes.

Les manifestants accusent Mme Yingluck d'être la marionnette de son frère, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, qui a été chassé du pouvoir par l'armée en 2006 et qui vit en exil pour échapper à une peine de prison pour corruption. Thaksin jouit toujours d'une influence énorme au pays.

Mme Yingluck a insisté pour dire, mardi, qu'elle demeurera à la tête du gouvernement jusqu'au 2 février.

«Je dois remplir mon rôle de première ministre intérimaire en respect avec la Constitution, a-t-elle dit. J'ai reculé autant que j'ai pu. Je demande donc d'être traitée avec justice.»

Mme Yingluck a été nommée première ministre intérimaire jusqu'au jour du vote par un décret au roi Bhumibol Adulyadej.

L'annonce de lundi n'a rien fait pour calmer les manifestants, qui prétendent que la corruption les empêchera de remporter le vote.

Un nouveau groupe de 150 professeurs et intellectuels, et qui s'est donné le nom de Assemblée pour la défense de la démocratie, a dénoncé les manifestants qui prétendent pouvoir remplacer le gouvernement, déclarant mardi que cette affirmation n'est «ni constitutionnelle, ni démocratique».

«Ils détruisent le processus de collaboration politique pacifique au sein d'une démocratie et ils mèneront le pays vers une crise violente», a dit le groupe par voie de communiqué.

«Ce que Suthep (et son groupe) essaient de faire est un coup d'État, mais ils ont échoué», a ajouté Piyabutr Saengkanokkul, un professeur de droit à l'université Thammasat de Bangkok. Il est clair qu'ils souhaitent une transition vers un système fasciste.»

PLUS:pc