POLITIQUE

L'escouade montréalaise de lutte contre la corruption sera intégrée à l'UPAC

10/12/2013 03:12 EST | Actualisé 09/02/2014 05:12 EST
PC

L'Escouade de protection de l'intégrité municipale (EPIM) sera intégrée à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) provinciale, ont annoncé mardi le maire de Montréal, le ministre de la Sécurité publique du Québec et le ministre responsable de la métropole.

Denis Coderre, Stéphane Bergeron et Jean-François Lisée ont décrit ce changement comme un signe du renforcement de la lutte contre la corruption.

Dès janvier, les 15 policiers et 5 civils travaillant pour l'EPIM évolueront donc dans les bureaux de l'UPAC, sous la responsabilité du commissaire à la lutte contre la corruption.

Le maire de Montréal a ajouté que cette intégration renforcerait l'image d'indépendance de l'EPIM par rapport à l'administration municipale. « C'est une clarification des mandats, pour envoyer le message qu'on a un plan cohérent », a déclaré Denis Coderre.

Le maire Coderre a expliqué que l'échange d'information est « le nerf de la guerre » dans la lutte contre la corruption. Il a affirmé que l'EPIM pourrait ainsi faire profiter l'UPAC de sa connaissance de la réalité du territoire montréalais et de son expertise en crime organisé. De son côté, le ministre Bergeron a indiqué que cette intégration permettrait à l'EPIM de voir l'impact de ce qui se passe dans la métropole sur le reste du Québec.

Les policiers de l'EPIM, qui relèvent du Service de police de la Ville de Montréal, recevront toujours leur salaire du SPVM, ce que déplore le chef de l'opposition officielle, Richard Bergeron. « On perd toute autorité sur eux, mais on ramasse la facture », a déclaré le chef de Projet Montréal.

Le ministre Lisée a précisé que le nouvel inspecteur général de Montréal, une promesse électorale du maire Coderre, pourra ainsi renvoyer à l'UPAC des choses qui sortiraient de son mandat. Le maire a promis des informations sous peu sur ce nouveau poste d'inspecteur, qui doit être nommé par le conseil municipal. Des changements législatifs seront cependant nécessaires, et l'Assemblée nationale ne siègera pas avant le 11 février.

Le ministre de la Sécurité publique a nié que ce geste soit un désaveu de la performance de l'EPIM, qui n'aura même pas eu le temps de célébrer un premier anniversaire. « Loin d'être un constat d'échec, au contraire, c'est la volonté de mettre en commun deux constats de succès », a dit le ministre.

Créée en janvier dernier et dotée d'un budget de 3 millions de dollars, l'EPIM avait pour mission d'enquêter sur l'octroi de contrats à Montréal ainsi que sur les élus, les fonctionnaires et les sociétés paramunicipales, en plus d'avoir le pouvoir d'inspecter les chantiers de construction.