NOUVELLES

Centrafrique: les violences interconfessionnelles auraient fait 500 morts

10/12/2013 04:21 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

BANGUI, République centrafricaine - Plus de 500 personnes auraient été tuées dans les violences interconfessionnelles au cours de la dernière semaine en République centrafricaine, selon ce qu'a indiqué mardi un représentant d'une organisation humanitaire, alors que la France a confirmé la mort de deux de ses soldats déployés pour tenter de désarmer les rebelles du pays.

Depuis jeudi, les travailleurs humanitaires ont recueilli 461 dépouilles dans la capitale centrafricaine, Bangui, a précisé un porte-parole de la Croix-Rouge locale, Antoine Mbao Bogo. Ce bilan n'inclut toutefois pas les dizaines de victimes de confession musulmane, dont les corps ont été transportés dans des mosquées pour y être enterrés.

Le gouvernement de la République centrafricaine, dont la population est composée d'une majorité chrétienne, a été renversé en mars dernier par des rebelles musulmans du nord du pays. Bien que les rebelles nient avoir renversé le pouvoir pour des motifs religieux, le ressentiment et l'hostilité des derniers mois ont mené à la vague de violences observée la semaine dernière.

La mort des militaires français, qui ont péri dans la nuit de mardi lors de combats opposant l'armée française à des insurgés à Bangui, coïncidait avec l'arrivée du président français, François Hollande. Il devait se rendre dans la capitale de cette ancienne colonie française après avoir assisté mardi à la cérémonie commémorative pour Nelson Mandela, en Afrique du Sud.

De telles pertes dans les rangs français illustrent les risques liés à la mission de désarmement des rebelles, et la difficulté du retour à la paix dans une capitale où l'anarchie règne et où les violences interconfessionnelles se multiplient.

Les forces françaises y sont engagées depuis quelques jours, aux côtés des forces africaines, pour rétablir la sécurité, protéger les populations et garantir l’accès de l’aide humanitaire.

Lapidation publique

Lundi, une foule a lapidé à mort un ennemi présumé, tandis que des hommes armés ont enlevé et exécuté des patients dans un hôpital.

La violence a de nouveau éclaté mardi quand une foule de jeunes hommes a incendié une mosquée dans le quartier de Fou. Des véhicules ont aussi été incendiés et les jeunes émeutiers ont utilisé des pioches et d'autres outils pour tenter d'abattre les murs de la mosquée.

Ailleurs, des citoyens ont attaqué et tué trois anciens rebelles présumés dans le quartier de Miskine, à Bangui, après que les hommes aient apparemment tiré en direction des civils.

Quelque 1600 soldats français sont actuellement déployés en République centrafricaine. Ils patrouillent les quartiers de la capitale pour tenter de désarmer les rebelles du mouvement Seleka qui a chassé du pouvoir, en mars, le président François Bozizé.

Le président Michel Djotodia, porté au pouvoir par les rebelles, a déploré l'attaque contre les soldats français, mais a soutenu que les partisans de son prédécesseur sont responsables de la crise actuelle.

«La situation actuelle est la conséquence logique de ce que l'ancien président Bozizé a mis en marche en libérant les prisonniers et les bandits, en distribuant des armes de guerre et des machettes dans les quartiers de Bangui, et en incitant au tribalisme», a-t-il dit.

L'ancien président Bozizé a été renversé après 10 ans au pouvoir, et on ignore où il se trouve actuellement. Il a toujours maintenu que c'est l'arrivée de milliers de rebelles armés dans la capitale qui est responsable de l'anarchie.

PLUS:pc