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L'OIAC reçoit le Nobel de la paix

09/12/2013 10:38 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST
AFP

OSLO - L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques reçoit le Nobel de la paix ce mardi à Oslo, une récompense qu'elle veut mettre à profit pour inciter les quelques États qui y sont encore réfractaires à bannir eux aussi ces armes de destruction massive.

"L'élimination de toutes les armes chimiques (...), c'est une cause noble et je ne vois aucune raison quel que soit le pays de ne pas le faire", a déclaré le directeur de l'OIAC, Ahmet Uzumcu, lors d'une conférence de presse lundi à la veille de la cérémonie Nobel.

Censée mettre en oeuvre la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) de 1993, l'OIAC s'est vu décerner le Nobel le 11 octobre pour ses efforts visant à éradiquer ces armes, notamment en Syrie où elle supervise actuellement le démantèlement de l'arsenal de Bachar al-Assad.

Rare réussite de désarmement planétaire, elle compte aujourd'hui 190 Etats-membres, dont la Syrie qui y a adhéré en octobre.

Seuls six Etats --Israël, la Corée du Nord, l'Égypte, le Soudan du Sud, la Birmanie et l'Angola-- n'ont toujours pas signé ou ratifié l'interdiction.

"Nous savons que certains d'entre eux sont tout proches d'une adhésion", a affirmé M. Uzumcu. Quant aux autres, "j'espère sincèrement qu'ils vont reconsidérer la question et se joindre à la convention sur les armes chimiques", a-t-il dit.

Depuis sa création il y a 16 ans, l'OIAC a supervisé la destruction de plus de 80% des armes chimiques déclarées dans le monde.

Les deux principaux détenteurs, les Etats-Unis et la Russie, n'ont pas encore totalement détruit leurs stocks, ratant la date butoir d'avril 2012, mais sont en bonne voie de le faire, selon M. Uzumcu.

"Espérons que dans un avenir proche nous puissions nous débarrasser d'une catégorie entière d'armes, les armes chimiques", a déclaré lundi le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland.

En Syrie, théâtre d'une attaque chimique le 21 août dernier, l'OIAC met actuellement la dernière main aux préparatifs visant à éliminer l'arsenal chimique du régime.

Un total de 1 290 tonnes d'armes chimiques, de précurseurs ou d'ingrédients, doivent être détruites d'ici à fin juin 2014.

Selon la feuille de route adoptée, les agents les plus dangereux doivent être transportés hors du pays avant le 31 décembre pour ensuite être neutralisés par hydrolyse à bord d'un cargo de la marine américaine.

Toutefois, en raison de la situation sécuritaire sur le terrain --c'est la première fois que l'OIAC intervient dans un pays en pleine guerre civile--, cette échéance pourrait être légèrement dépassée, a prévenu l'organisation.

"Ce sera plutôt difficile de respecter le calendrier", a dit M. Uzumcu, en soulignant toutefois que l'objectif d'une destruction complète à la mi-2014 n'était pas remis en cause.

L'insécurité sur le terrain complique l'acheminement des armes vers le port syrien de Lattaquié d'où elles doivent être évacuées.

Lundi, une ONG a toutefois rapporté que les troupes du régime avaient repris le contrôle d'une autoroute importante reliant Damas à la province de Homs sur le chemin de Lattaquié.

Consistant en une médaille d'or et un diplôme, le prix Nobel de la paix est aussi assorti d'un chèque de 8 millions de couronnes suédoises.

L'OIAC utilisera cet argent pour créer sa propre récompense, a annoncé M. Uzumcu.

"Bien sûr, nous n'allons pas entrer en concurrence avec le prix Nobel de la paix", a-t-il dit. "Ce sera un prix modeste simplement destiné à récompenser ceux qui contribuent à nos objectifs et qui continueront à le faire".

Les prix Nobel de littérature, de chimie, de physique, de médecine et de sciences économiques seront également remis mardi à Stockholm.

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