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Les usagers du métro : « des animaux sociaux fortement domestiqués »

09/12/2013 08:51 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

Un professeur de sociologie du cégep Saint-Laurent utilise les usagers du métro de Montréal comme sujet d'analyse. Avec ses étudiants, il s'engouffre discrètement dans les rames à l'heure de pointe et observe le comportement des gens. Conclusion de leur analyse : les usagers sont beaucoup plus civilisés qu'on pourrait le penser. Leurs actions respectent plusieurs règles non écrites.

Un reportage de Thomas Gerbet

De plus en plus serrés comme des sardines dans une boîte, les usagers du métro de Montréal doivent apprendre à coexister à l'heure de pointe. L'individu doit sacrifier une partie de son autonomie pour vivre avec les autres dans un espace restreint. Le groupe respecte donc des codes et des règles non écrites : on n'adresse pas la parole à son voisin à moins d'avoir une vraiment bonne raison; on laisse sortir les usagers avant d'entrer dans la rame; on reste à droite dans l'escalier mécanique, etc. 

« Les individus sont non seulement des animaux sociaux, mais ils sont fortement domestiqués », analyse le professeur de sociologie. Vincent Paris affirme que les usagers sont, de façon générale, polis et courtois et qu'il y a énormément de civisme dans le métro de Montréal.

Pour mieux digérer la promiscuité, souvent l'usager va s'isoler artificiellement. Selon Vincent Paris, le journal ou les écouteurs sont des « cottes de mailles modernes pour éviter d'avoir des gens dans notre bulle ». Sauf en cas d'événement inattendu, comme une panne, rarement les usagers vont se parler ou même se regarder. 

Malgré toutes ces règles, certains usagers vont ajouter leurs propres stratégies pour améliorer leur situation. Par exemple, il est fréquent de se placer d'avance devant la porte qui sera la plus proche de la sortie. Une stratégie qui pourrait changer avec l'arrivée des nouvelles longues rames sans séparation.

Les élèves testent la morale des usagers

En petits groupes discrets, les élèves du cours d'introduction à la sociologie vont créer des situations pour observer et noter la réaction des usagers. Par exemple, un étudiant refuse de laisser sa place à une autre étudiante, faussement enceinte. Même chose avec un étudiant qui jette un déchet à terre. Les élèves ont remarqué que la réaction des usagers du métro s'exprime surtout par un regard réprobateur, plutôt que par la parole.

Autre test intéressant : un étudiant demande à sa voisine de le réveiller à une station précise. L'étudiant fait mine de ne pas se réveiller. Les élèves ont remarqué que les usagers prennent généralement leur rôle très à coeur et paniquent en voyant l'étudiant toujours endormi.

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