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Les pillages se multiplient en Argentine alors que les policiers sont en grève

09/12/2013 05:04 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

BUENOS AIRES, Argentine - La vague de pillages s'est répandue lundi à travers l'Argentine, où des bandes de malfaiteurs profitent des grèves des policiers qui réclament des hausses de salaire équivalentes à l'inflation. Le gouvernement central a déployé des policiers fédéraux dans les régions les plus touchées et a appelé à la fin de ce que certains responsables qualifient de trahison.

Lundi, le bilan des victimes des flambées chaotiques de pillages a grimpé à quatre morts, alors que les policiers en grève se rassemblaient dans leurs postes dans différentes régions du pays. Plusieurs commerces ont fermé leurs portes par crainte de débordements à l'approche de la saison des Fêtes, une période lors de laquelle les conflits sociaux en Argentine ont tendance à s'aggraver.

Le chef de cabinet de la présidente Cristina Fernandez, Jorge Capitanich, a décrit les pillages comme des actes prémédités commis par des groupes qui veulent semer le chaos et l'anxiété à la veille du 30e anniversaire du retour à la démocratie en Argentine.

«D'une certaine manière, cela équivaut à un crime de trahison», a déclaré M. Capitanich devant les journalistes. Il a indiqué que le gouvernement maintenait un contact constant avec les 23 gouverneurs du pays et le maire de Buenos Aires, et que toute dispute salariale devait se résoudre par la négociation et non l'extorsion.

Le gouvernement a déployé des policiers fédéraux, des agents frontaliers et d'autres forces dans les régions les plus instables où les commerçants ont commencé à s'armer pour se protéger des bandes de pillards.

Les pillages ont commencé la semaine dernière dans la province de Cordoba. Des centaines de commerces ont été endommagés, deux personnes ont perdu la vie et plus d'une centaine d'autres ont été blessées avant que le gouverneur et les grévistes concluent un accord, qui aura pour effet de doubler le salaire mensuel des policiers pour le porter à 12 000 pesos par mois, soit environ 1915 $ US.

Le gouvernement national avait initialement attribué la crise au gouverneur de Cordoba, un rival politique de la présidente Fernandez.

Mais même de proches alliés présidentiels ont été touchés par le phénomène, alors que des policiers d'autres provinces ont lancé des grèves similaires au fil des jours. Une troisième personne est morte durant la première nuit de grève, alors que le supermarché qu'elle possédait a été incendié par des pillards à Almirante Brown, dans la province de Buenos Aires, où le gouverneur Daniel Scoli a appelé au calme.

Le leadership de M. Scoli a de nouveau été mis à l'épreuve lundi, quand une dizaine d'autres magasins ont été pillés à Mar del Plata et que des centaines de policiers se sont rassemblés sur la place centrale de la ville afin d'exprimer leur rejet de son offre salariale.

Alors que des policiers de tout le pays réclament des hausses salariales afin de faire face à une inflation de plus de 25 pour cent par année, d'autres employés de l'État observent attentivement le mouvement. Dans la province de Rio Negro, par exemple, le gouverneur a mis fin à une grève des policiers de 21 heures en proposant une augmentation salariale de 8500 pesos, mais les employés de la santé et de l'hygiène publique ont ensuite déclenché leur propre grève, lundi, pour réclamer eux aussi de meilleurs salaires.

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