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La députée Borg se dit insultée, en appelle au président de la Chambre

09/12/2013 01:56 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

OTTAWA - Un courriel dans lequel le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais s'en prend à la députée néo-démocrate Charmaine Borg est une attaque dont devrait se mêler le Parlement, selon la députée insultée.

Mme Borg a soulevé un point de privilège, lundi après-midi, aux Communes. Le président de la Chambre devra décider si son privilège de députée a été atteint par ce courriel largement distribué par le sénateur Dagenais. Si oui, elle verra quelle motion présenter pour mener l'affaire plus loin.

«C'est une attaque personnelle et vicieuse à mon égard», a commencé par dire la députée Borg, insistant que son travail de députée en serait affecté.

C'est un dépliant distribué dans le comté de Terrebonne-Blainville de Mme Borg qui a soulevé la colère du sénateur Dagenais. Le dépliant prônait l'abolition du Sénat. Vendredi, le sénateur y a riposté en envoyant un courriel destiné à Mme Borg mais distribué à tous les parlementaires. Dans ce courriel, il traite le dépliant de «torchon» et reproche à la députée de ne rien connaître à la Constitution.

Dans son discours en Chambre pour réclamer l'intervention du Parlement dans cette affaire, la députée Borg a qualifié de «condescendant» et de «misogyne» le ton du courriel du sénateur. Elle s'est dite particulièrement dégoûtée par le passage où le sénateur l'invite à mieux utiliser la bibliothèque du parlement.

«Comme si je n'étais qu'une petite fille qui ne prend pas son travail au sérieux. (...) Et ce n'est certainement pas avec des choses comme ça que nous allons réussir à encourager plus de jeunes femmes à s'engager en politique», a-t-elle déploré.

À la sortie des Communes, en réponse aux questions des journalistes, la députée s'est défendue d'avoir l'épiderme trop sensible.

«Ce n'est pas une question d'être tough», a protesté Mme Borg, insistant que les attaques personnelles n'avaient pas leur place en politique et qu'elles décourageaient particulièrement les jeunes femmes de faire de la politique.

Lorsqu'il avait été joint vendredi, au téléphone, le sénateur Dagenais ne s'était pas montré très préoccupé par la réaction à venir de la députée.

«Moi là, vous savez, qu'on dépose ma lettre en Chambre ou qu'on me nomme en Chambre, bof, ça ne me dérange pas beaucoup», avait lâché le sénateur.

Il inscrivait son geste dans une décision collective des sénateurs de ne plus se laisser attaquer sans se défendre.

Pour sa part, la députée Borg estime que l'attaque du sénateur qui n'avait pas réussi à se faire élire député est une démonstration supplémentaire de l'inutilité du Sénat.

«J'invite M. Dagenais à faire la chose respectable, démissionner maintenant et de se présenter contre moi dans Terrebonne-Blainville en 2015», a-t-elle lancé.

Le sénateur Dagenais, arrivé troisième en 2011 dans le comté de Saint-Hyacinthe-Bagot, dit ne pas craindre les néo-démocrates.

«C'est une vague (…) sur la queue de coat de Jack Layton. Tant mieux. M Layton a fait un excellent travail. Il a pris une bière à tout le monde en parle, il a joué de la guitare, puis les Québécois ont aimé ça. C'est des gens émotifs; ils ont embarqué là-dedans. Mais faites-vous en pas; ce ne sera pas comme ça en 2015», prédisait-il vendredi.

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