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Inde: le parti anticorruption Aam Aadmi réalise une percée à New Delhi

09/12/2013 10:01 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST

NEW DELHI - Un nouveau parti politique qui s'est engagé à nettoyer la corruption dans la capitale indienne a réalisé une percée étonnante, démontrent des résultats rendus publics lundi.

Le parti Aam Aadmi (AAP), ou Parti de l'homme ordinaire, a remporté 28 des 70 sièges de l'Assemblée de New Delhi, neuf mois seulement après sa formation. Le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata est arrivé en première place avec 31 sièges, tandis que le parti du Congrès a pris toute une râclée avec seulement huit sièges, contre 43 précédemment.

Les trois partis ont exclu la formation d'un gouvernement de coalition, ce qui laisse la capitale sans leader évident et laisse planer la possibilité de nouvelles élections. La gestion de New Delhi serait confiée à un gouvernement intérimaire non partisan en attendant.

«Puisque je n'ai pas le chiffre magique de 36, je ne peux pas vraiment participer à la formation du gouvernement à Delhi», a dit le candidat du BJP au poste de ministre en chef, Harsh Vardhan.

L'AAP a lui aussi déclaré n'avoir aucune intention de participer à une coalition.

«Nous ne formerons pas le gouvernement. Nous siégerons dans l'opposition, a indiqué un dirigeant du parti, Yogendra Yadav. Nous n'avons pas de majorité, donc il est très étonnant de voir que le parti qui a fini en première place (BJP) n'est pas prêt à former le gouvernement et qu'il nous demande de le faire.»

Ces déclarations démontrent que les partis ne semblent pas intéressés à prendre la tête d'un gouvernement minoritaire fragile qui aurait besoin d'appuis externes pour survivre. L'idée de recruter des membres du parti du Congrès semble aussi inacceptable à deux formations qui ont promis de donner à la capitale de 17 millions de personnes un nouveau départ.

«Je ne crois pas aux coalitions politiques», a dit le fondateur de l'AAP, Arvind Kejriwal, un ancien comptable qui a organisé d'énormes manifestations anticorruption l'an dernier.

Les experts estiment que l'AAP doit son succès dans la capitale à son emphase sur la lutte à la corruption qui touche tous les paliers du gouvernement indien, des principaux dirigeants impliqués dans des transactions de plusieurs millions de dollars aux responsables locaux qui exigent un pot-de-vin pour des services de base.

Le symbole du parti est un balai. AAP espère remporter autant de succès à l'échelle nationale l'an prochain.

Son programme a électrisé des résidants de New Delhi déjà touchés par une inflation galopante et un ralentissement de la croissance économique.

«C'était stupéfiant de voir les appuis à l'AAP, de l'élite au sommet jusqu'aux conducteurs de pousse-pousse, les riches et les pauvres, les jeunes et les vieux, a dit le politologue Arati Jerath. La principale émotion a été un désenchantement face aux principaux partis et aux politiques traditionnelles, avec leurs calculs froids et mathématiques pour séduire les électeurs.»

Les leaders du parti du Congrès, qui domine depuis longtemps la scène politique indienne, ont promis d'analyser la dégelée pour comprendre ce qui s'est passé. Le parti a aussi été lessivé dans les États du Rajsathan, du Chhattisgarh et de Madhya Pradesh.

«Nous ferons preuve d'introspection et nous prendrons les moyens pour corriger nos erreurs», a dit la leader du parti, Sonia Gandhi, avant de convoquer une rencontre d'urgence des dirigeants de sa formation.

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