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Le Hells René Charlebois voulait saboter l'enquête SharQc

09/12/2013 06:00 EST | Actualisé 08/02/2014 05:12 EST
Agence QMI

Le Hells Angel René « Baloune » Charlebois a voulu faire dérailler l'opération ScharQc et forcer la reprise du procès de Maurice « Mom » Boucher en enregistrant son testament sur bande vidéo avant son suicide à la fin septembre, bande qui a été saisie par la police.

Un texte d'Alain Gravel

Dans cette vidéo de près de deux heures, il se livre à une violente charge contre le système judiciaire québécois, tout en révélant le double jeu de l'ex-enquêteur du SPVM Benoît Roberge.

Tout au long de l'enregistrement, il se réfère à un calepin de notes. Le ton est ferme, voire agressif parfois. René Charlebois affirme qu'il sera mort le jour où la vidéo sera découverte. Il sait que la fin approche, mais il n'est pas triste.

Il veut redorer le blason des Hells Angels. Comme s'il était en mission, René Charlebois revient sur les meurtres des deux gardiens de prison en 1997, pour lesquels Maurice « Mom » Boucher a été condamné à la prison à perpétuité.

Il affirme que Maurice Boucher n'a rien à voir avec ces meurtres, soutenant plutôt que c'est le délateur Stéphane « Godasse » Gagné qui a agi seul. René Charlebois veut forcer la justice à reprendre le procès de l'ancien chef des Hells Angels.

Le motard Charlebois prétend aussi que l'ex-policier Roberge lui a affirmé que tous les rapports de police de l'opération ScharQc ont été falsifiés.

Cette version des faits est toutefois contredite dans les enregistrements de conversations téléphoniques entre le policier Roberge et lui. L'ex-enquêteur lui a dit lors d'un de ces appels que rien n'avait été falsifié et que les Hells auraient avantage à négocier des ententes avec la Couronne.

D'autres policiers éclaboussés

Lorsqu'il s'adresse à la caméra, René Charlebois affirme aussi avoir filmé deux autres policiers qui étaient prêts à vendre des informations aux Hells Angels. Il va même jusqu'à dire que ces policiers étaient en somme ses complices.

Plus loin, il explique que Benoît Roberge avait accepté de lui vendre des renseignements parce qu'il voulait de l'argent. Après le suicide de Charlebois dans un chalet de la région de Sorel en septembre dernier, la police a mis la main sur la vidéo et a ouvert une enquête sur l'ancien policier Roberge. Il a été arrêté deux jours plus tard.

René Charlebois était une source codée de la police depuis 2006. Il voulait que son testament vidéo soit publié sur YouTube.