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Un septuagénaire atteint de l'Alzheimer cogne à la mauvaise porte: il est abattu

08/12/2013 11:05 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

CHICKAMAUGA, États-Unis - La dernière randonnée pédestre de Ronald Westbrook a commencé dès 1 h, lorsqu'il a quitté son domicile de North Georgia, sans que personne ne s'en aperçoive, avec ses deux chiens.

Cette sortie s'est terminée trois heures plus tard lorsque l'homme de 72 ans, qui était atteint de la maladie d'Alzheimer, a cogné à la porte d'un étranger, le mois dernier. Selon la police, l'homme à l'intérieur de la maison, Joe Hendrix, s'est emparé d'une arme de poing, est allé dehors pour s'enquérir de ce qui se passait et a abattu M. Westbrook dans ce qui s'est avéré une horrible méprise.

Cet improbable choc entre deux étrangers — un profondément confus, un autre percevant une menace en pleine nuit — illustre à la fois les difficultés que vivent les soignants qui tentent d'assurer la sécurité d'êtres chers aux prises avec la maladie d'Alzheimer et les conséquences d'une mauvaise interprétation dans un État fier de sa «culture des armes à feu».

La veuve de M. Westbrook est encore incapable de comprendre comment elle a pu perdre son mari, avec lequel elle était mariée depuis 51 ans, et a pris le temps de discuter des événements lors d'une entrevue accordée à sa résidence, assise sur son sofa, sa Bible à ses côtés.

Entre autres choses, la dame de 70 ans ne peut imaginer que M. Hendrix ait pu se sentir menacé parce que, dit-elle, son mari n'était pas comme ça. Elle croit plutôt que son mari avait froid et qu'il espérait trouver de l'aide.

M. Hendrix a refusé de commenter l'incident, invoquant la tenue de l'enquête. Son avocat, Lee Davis, a confié que son client était désemparé. Le procureur du district n'a toujours pas décidé s'il allait déposer des accusations criminelles contre l'homme de 34 ans à la suite des événements du 27 novembre.

«Il n'est pas un militant des droits du port d'armes à feu qui ne veut personne sur son terrain, a fait savoir M. Davis. Il s'agit d'un homme qui a dû agir parce qu'il croyait faire face à une menace tangible et immédiate.»

Infirmière à la retraite qui a déjà pris soin de patients atteints de démence dans un foyer de soins infirmiers, l'épouse de M. Westbrook était probablement la personne la mieux placée pour s'occuper d'un conjoint vivant avec la maladie d'Alzheimer, qui provoque des pertes de mémoire, affecte le jugement et peut désorienter ses victimes.

Elle avait installé des sonnettes aux portes pour l'avertir si son mari tentait de sortir. Et elle avait déjà préparé des plans pour améliorer les soins à domicile au fur et à mesure où la maladie gagnait du terrain.

«Je ne suis pas en colère, a-t-elle confié. Je suis seulement triste. Je n'aurais jamais pensé que sa vie se terminerait de cette façon. Je m'étais préparée à ce que sa maladie empire et à prendre soin de lui. Et je l'aurais fait.»

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