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Moyen-Orient: le président israélien est prêt à rencontrer son homologue iranien

08/12/2013 05:11 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

JÉRUSALEM - Le président israélien a affirmé dimanche qu'il était prêt à rencontrer son homologue iranien si cela pouvait aider à réduire les tensions au Moyen-Orient, ajoutant qu'il espérait que l'impasse nucléaire avec la République islamique pouvait être résolue pacifiquement.

Lors d'une conférence du milieu des affaires, Shimon Peres a soutenu qu'il était essentiel que la communauté internationale profite des six prochains mois de négociations avec Téhéran pour s'assurer que l'Iran «ne devienne pas un danger nucléaire pour le reste du monde».

Israël et l'Iran sont des ennemis jurés, et les leaders de l'État hébreu ont fait preuve de scepticisme à propos de la plus récente entente intérimaire avec l'Iran.

En vertu de cet accord, l'Iran accepte de suspendre la majorité de son programme nucléaire suspect en échange d'un allègement des douloureuses sanctions économiques, alors qu'un traité permanent continue de faire l'objet de discussions.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a de son côté déploré que l'entente donnait à l'Iran trop de marge de manoeuvre, tout en lui permettant de conserver la majorité de ses infrastructures nucléaires. M. Nétanyahou, qui estime que l'Iran tente de construire une arme nucléaire, soutient que le programme atomique militaire de Téhéran doit être démantelé.

Dans une déclaration vidéo présentée dimanche, le premier ministre appelle à continuer de faire pression sur l'Iran en vue d'une entente finale.

«Il doit y avoir une demande sans équivoque, en marge des négociations de Genève, pour des changements dans la politique iranienne», a-t-il dit, avant d'ajouter que le monde devait insister non seulement sur «l'élimination de sa capacité de produire des armes nucléaires, mais demander une modification de sa politique génocidaire. Il s'agit de la moindre des choses que doit accomplir la communauté internationale lorsqu'elle négocie avec l'Iran.»

À Washington, samedi, le président Barack Obama a admis que les chances d'en arriver à une entente complète avec l'Iran n'étaient pas meilleures qu'une sur deux, une admission inquiétante en raison de son rôle important dans la négociation sur l'accord intérimaire.

«Le problème est ce qu'il arrivera au cours des six prochains mois, a dit M. Peres. Il est certain que nous préférons une solution diplomatique. Personne ne veux foncer et ouvrir le feu.»

Interrogé à savoir s'il accepterait de rencontrer le président iranien Hassan Rohani, M. Peres a répondu: «Pourquoi pas? Je n'ai pas d'ennemis.»

Mais M. Peres, qui a reçu le Prix Nobel de la paix, précise que l'influence de son homologue est limitée, et souligne que d'autres éléments plus à droite du gouvernement iranien pourraient ne pas appuyer l'ouverture vers l'Occident de ce dernier. «Le but est de convertir des ennemis et d'en faire des amis. S'il ne s'agissait que de lui, je serais plus rassuré, mais il y a d'autres structures, d'autres gens», dit-il.

En raison des années de profonde animosité entre les deux pays, une telle rencontre est hautement improbable.

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