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Le Parlement dissous en Thaïlande

08/12/2013 09:41 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

La première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a annoncé la dissolution du Parlement dans l'espoir de mettre fin à la crise politique. Malgré cette annonce, la contestation se poursuit, car ses opposants n'ont pas encore atteint leur objectif.

« Il est très probable que les élections auront lieu le 2 février, dans le délai imparti de 60 jours », a déclaré à l'agence Reuters Sodri Sattayatham, un responsable de la commission électorale. Dimanche, les députés du Parti démocrate d'opposition avaient démissionné en masse.

La chef du gouvernement thaïlandais devrait diriger son parti lors du prochain scrutin.

« Elle sera tête de liste, car elle travaille avec le parti depuis le début. Nous avons dissous le parlement parce que nous sommes confiants. Nous voulons que le Parti démocrate prenne part à ces élections et ne joue pas le jeu de la rue », a dit Jarupong Ruangsuwan, président du parti Puea Thai.

L'annonce de la première ministre survient alors que des milliers de personnes sont rassemblées à Bangkok pour mener à bien ce qu'elles qualifient de « coup d'État populaire ».

Des manifestations violentes ont cours en Thaïlande depuis plus d'un mois. Au moins deux personnes sont mortes et des dizaines d'autres ont été blessées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

L'opposition veut plus

Des milliers de manifestants antigouvernement avaient promis de marcher dans Bangkok, aujourd'hui, pour une « confrontation finale ».

L'annonce de la première ministre ne semble pas avoir réussi à les calmer. Le chef de file de la contestation, Suthep Thaugsuban, a invité ses concitoyens à poursuivre le mouvement. Il a déclaré que la dissolution du Parlement et la promesse d'élections anticipées ne mettraient pas fin aux manifestations.

Suthep Thaugsuban soutient qu'il ne souhaite pas la tenue de nouvelles élections, mais plutôt l'instauration d'un « conseil du peuple », non élu, pour diriger le pays.

Les manifestants demandent depuis plusieurs jours la démission de la première ministre. Ils dénoncent aussi son frère, Thaksin Shinawatra, un ancien premier ministre qui a été chassé du pouvoir par un coup d'État en 2006. Bien qu'il soit en exil à Dubaï, aux Émirats arabes unis, il demeure très influent auprès de sa sœur.

L'élément déclencheur des manifestations a été la proposition d'un projet de loi d'amnistie, qui aurait permis, selon les opposants, le retour de Thaksin Shinawatra au pays, lui qui a été condamné à deux ans de prison pour abus de pouvoir. Le texte de loi a été rejeté par le Sénat, ce qui n'a pas empêché l'opposition de s'organiser afin de réclamer la tête de la première ministre.

En 2010, les tensions entre les fidèles de l'ex-premier ministre et ses adversaires avaient causé la mort de 90 personnes, en plus de faire 1900 blessés.

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