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Jour de prières et de réflexion pour Nelson Mandela en Afrique du Sud

08/12/2013 04:24 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

JOHANNESBURG - Même dans la mort, Nelson Mandela a su rassembler les Sud-Africains de toutes origines alors qu'ils observaient, dimanche, un jour de prières et de réflexion. D'une cathédrale grandiose où retentissaient les hymnes et brûlait l'encens à une église rurale où les tambours de peau de chèvre et les danses pieds-nus étaient privilégiés, tous rendaient hommage à leur ancien président, décédé jeudi.

On s'est souvenu de lui tant dans les fondements de la résistance à la domination des blancs que dans les bastions loyaux à l'apartheid.

«Puisse sa longue marche vers la liberté être reconnue par chacun de nous», ont prié des fidèles à la cathédrale St. George au Cap, où sont arrivés les premiers colons européens il y a plusieurs siècles.

Ces célébrations étaient un prélude à une cérémonie commémorative mardi, à laquelle assisteront de nombreux dignitaires internationaux. Le président américain, Barack Obama, et ses deux prédécesseurs, George W. Bush et Bill Clinton, y seront, de même que le premier ministre canadien Stephen Harper, accompagné des ex-premiers ministres Brian Mulroney, Jean Chrétien et Kim Campbell. Le premier ministre britannique, David Cameron, la présidente brésilienne Dilma Roussef, et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon figurent parmi les personnalités qui seront présentes.

La dépouille de Nelson Mandela sera exposée de mercredi à vendredi à Pretoria, la capitale.

Ces longs adieux, un mélange de deuil et de célébration, culminera le 15 décembre lorsque le premier président sud-africain noir sera enterré, à Qunu.

Bien que la santé de celui que ses compatriotes surnomment Madiba, du nom de son clan, fût fragile depuis des années, bien qu'il fût retiré de la vie publique, beaucoup de Sud-Africains ont été perturbés d'apprendre qu'il avait finalement rendu l'âme.

«Il était plus qu'un esprit indépendant. Il incarnait la générosité de l'âme africaine», a affirmé le révérend Michael Weeder, le doyen de la cathédrale Saint-Georges.

Il a toutefois ajouté que le pays avait encore beaucoup à faire.

«La force de la nouvelle Afrique du Sud se mesurera par la distance que parcourront les pauvres et les marginalisés des confins de notre société jusqu'à son centre.»

À Johannesburg, où des centaines de personnes se sont réunies à l'église Regina Mundi, près de l'épicentre du soulèvement contre le règne blanc de 1976 à Soweto, le révérend Sebastian J. Rossouw a comparé M. Mandela au prophète Isaïe et à Jean le Baptiste, des hommes qui ont mené le peuple au travers de sombres époques, disant qu'il était «la lune qui éclaire dans la nuit noire».

«Dieu nous a envoyé cet homme pour nous montrer la profondeur du coeur humain, pour nous montrer que malgré ce qui se passait dans ce temps, la lumière pouvait jaillir», a déclaré M. Rossouw, mettant les Sud-Africains en garde contre le crime et la corruption qui sévissent au pays.

L'ex-femme de M. Mandela, Winnie Midikizela-Mandela, s'est joint à l'un de ses petits-fils, Mandla, et au président de l'Afrique du Sud Jacob Zuma, dans une cérémonie à Johannesburg.

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