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Dégeler les tuyaux, une pratique parfois dangereuse

08/12/2013 05:00 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

Lorsqu'arrive l'hiver, plusieurs municipalités utilisent encore aujourd'hui une technique dangereuse pour dégeler les tuyaux d'alimentation en eau. Une technique qui provoque en moyenne six incendies chaque année au Québec.

Un texte de Maxime Poiré de La facture

La Régie du bâtiment n'exige aucune licence pour dégeler des tuyaux. N'importe qui peut le faire. Et de n'importe quelle façon. Plusieurs villes québécoises ont interdit l'utilisation de cette technique, mais bien d'autres s'en servent encore.

En février dernier, Mario Caron et Céline Ouellet, un couple de Cap-Saint-Ignace, près de Montmagny, ont eu tout un choc à leur retour d'une randonnée à motoneige. Leur maison a été ravagée par le feu durant leur absence. Une perte totale, selon leur assureur.

Cette journée-là, un employé de la municipalité et un électricien du privé dégelaient les tuyaux de la maison située en face de chez eux.

L'appareil qu'ils ont utilisé, « une soudeuse », envoie un courant électrique dans la tuyauterie. La chaleur et la vibration font en général fondre la glace. Mais cette pratique est très dangereuse. Parfois, une partie du courant s'échappe en suivant un câble de mise à la terre et peut prendre le chemin d'une résidence voisine.

Les plombiers à la rescousse

Pour dégeler les tuyaux, ce sont souvent les plombiers qui sont appelés à la rescousse. C'est la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec (CMMTQ) qui supervise leur travail et s'occupe des bonnes pratiques.

En février prochain, la CMMTQ publiera d'ailleurs une chronique de « bonne pratique » pour ses membres quant à la façon sécuritaire de dégeler les tuyaux.

Depuis 300 jours, rien n'a bougé...

Comme convenu, Mario Caron et Céline Ouellet ont reçu 36 000 $ de leur compagnie d'assurance pour la perte de leur maison mobile. Mais en acheter une semblable aujourd'hui coûterait 50 000 $ de plus, selon leurs recherches. Une somme qu'ils ne possèdent pas.

Pour combler la différence, ils doivent maintenant poursuivre les assureurs de la municipalité et de l'électricien. « Il ne faut pas que ça se reproduise une affaire de même. C'est ça qui est important aussi », conclut Céline Ouellet.

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