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Des milliers d'Ukrainiens manifestent à Kiev contre le président Ianoukovitch

08/12/2013 08:16 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

KIEV, Ukraine - Plusieurs dizaine de milliers d'Ukrainiens ont manifesté, dimanche, sur la place de l'Indépendance, à Kiev, afin de dénoncer la décision du président Viktor Ianoukovitch de tourner le dos à l'Europe et de remettre l'ancienne république soviétique sous l'emprise de la Russie.

Une mer de citoyens en colère sont descendus dans les rues de la capitale pour réaffirmer leur position dans cet affrontement politique tendu.

«L'Ukraine est lasse de Ianoukovitch, nous avons besoin de nouvelles règles, de changer complètement ceux qui sont au pouvoir, a affirmé Kostiantin Meselyouk, un manifestant de 42 ans. L'Europe peut nous aider.»

La tension a grimpé davantage alors que la noirceur tombait. Des manifestants ont bloqué l'accès à des édifices gouvernementaux avec des voitures, des barricades et des tentes.

Au même moment, le service de sécurité d'État annonçait une enquête sur les leaders de l'opposition, soupçonnés d'avoir tenté de s'emparer du pouvoir.

Alors que le mouvement de contestation entamait sa troisième semaine, M. Ianoukovitch a rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, vendredi, faisant craindre à ses opposants que l'Ukraine était sur le point d'adhérer à une union douanière créée par Moscou qui pourrait mettre un terme à la souveraineté économique et politique du pays en le replongeant dans l'orbite de la Russie.

Les manifestations ont toujours été positionnées contre la Russie, tandis qu'elle s'est appliquée à faire capoter l'entente avec l'Union européenne en menaçant l'Ukraine de se venger par les échanges commerciaux.

À environ un kilomètre et demi de la place de l'Indépendance, dimanche soir, un groupe a renversé et détruit la statue emblématique de la ville qui représente le leader russe bolchévique Vladimir Lénine.

Ils se sont ensuite relayé sur le torse de la statue pendant que d'autres scandaient : «Gloire à l'Ukraine!».

Les organisateurs ont baptisé le rassemblement de dimanche «la manifestation du million», mais il était impossible de connaître le compte officiel. Des journalistes sur le terrain ont estimé la foule à 500 000. Il s'agissait quand même de la plus grosse manifestation au pays depuis la révolution orange en 2004.

Bien que le gouvernement ait menacé les manifestants d'appliquer des mesures sévères à leur endroit, ceux-ci ont gagné davantage en force.

«Ianoukovitch a perdu sa légitimité comme président. Ce n'est plus notre président. C'est un tyran, a martelé l'ancienne première ministre Yulia Timoshenko dans une lettre lue par sa fille à la foule. «Ne vous rendez pas. Même pas un pas en arrière, n'abandonnez pas. Le futur de l'Ukraine est entre vos mains.»

Les manifestations ont commencé le mois dernier après que le président Ianoukovitch eut refusé de signer un accord qui aurait renforcé les liens de l'Ukraine avec l'Union européenne afin de se concentrer sur les relations du pays avec la Russie.

«Ce n'est pas une simple révolution, a déclaré Oleh Tiahnibok, chef du parti d'opposition Svoboda dans un discours enflammée sur une imposante scène. C'est une révolution pour la dignité.»

Une sortie de crise semble demeurer improbable pour le moment. Les leaders de l'opposition ont lancé des messages contradictoires aux manifestants sur les actions à prendre.

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