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Un vétéran américain est libéré par la Corée du Nord (VIDÉO)

07/12/2013 03:24 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

SAN FRANCISCO - Merrill Newman était fatigué et avait hâte d'être réuni avec sa famille, mais il gardait tout de même le sourire, samedi, lors de son arrivée à l'aéroport de San Francisco après avoir été détenu pendant plusieurs semaines en Corée du Nord.

L'homme de 85 ans, vétéran américain de la Guerre de Corée, a tenu la main de son épouse et était accompagné par son fils lorsqu'il s'est brièvement adressé aux médias après être descendu d'un vol direct en provenance de Pékin.

«Je suis heureux d'être rentré chez moi, a-t-il dit. J'ai eu un retour très agréable. Je suis fatigué, mais je suis prêt à être avec ma famille.»

Il a également remercié l'ambassade suédoise de Pyongyang, ainsi que l'ambassade américaine à Pékin pour avoir aidé à obtenir sa libération. M. Newman a toutefois refusé de répondre aux questions des reporters, et n'a pas non plus voulu discuter de son emprisonnement.

L'ancien combattant a été détenu à la fin d'octobre après un voyage de 10 jours en Corée du Nord, voyage qui survient 60 ans après qu'il eut supervisé un groupe de guérilleros sud-coréens pendant la guerre de 1950-1953.

Le mois dernier, M. Newman a lu une supposée confession dans le cadre de laquelle il s'excuse entre autres d'avoir tué des Nord-Coréens durant la guerre. Des analystes se sont interrogés à savoir si cette déclaration avait été forcée, et d'anciens combattants sud-coréens ayant lutté avec M. Newman ont remis en question certains détails.

Selon Pyongyang, l'âge de M. Newman et son état de santé expliquent sa libération.

La détention de cet ancien combattant souligne l'extrême sensibilité de la question de la Guerre de Corée en Corée du Nord. Le conflit fait régulièrement l'objet d'une couverture par la machine de propagande du régime, qui accuse les ennemis de l'époque, Washington et Séoul, de poursuivre la lutte en faisant pression pour renverser le gouvernement communiste.

Des membres de l'ancien groupe de guérilleros sud-coréens ont dit à l'Associated Press avoir été surpris d'apprendre que M. Newman avait pris le risque de visiter la Corée du Nord en raison de son association avec leur groupe, qui est encore synonyme de très forte haine en Corée du Nord. D'autres ont été abasourdis de constater que Pyongyang voyait toujours M. Newman comme une menace.

«Comme vous pouvez l'imaginer, cela a été un moment très difficile pour nous, en tant que famille, et particulièrement pour lui», a déclaré le fils de M. Newman, Jeff, dans un communiqué lui vendredi soir.

La libération de M. Newman survient alors que le vice-président américain Joe Biden effectuait une visite à Séoul. Samedi, ce dernier a dit saluer la libération de l'ancien combattant, avant d'ajouter qu'il avait discuté avec cet homme, lui offrant même une place à bord d'Air Force Two.